dimanche 24 mars 2013

« Les cerisiers fleurissent malgré tout », deux ans après…

Les cerisiers fleurissent malgré tout - Kana
Je vais parler d’un oneshot qui mérite sans doute un peu d’attention en cette période : Les cerisiers fleurissent malgré tout, un manga de Keiko Ichiguchi (édité par Kana) qui est sorti en début de mois. Je vous laisse lire la quatrième de couverture :
Japon, 11 mars 2011,
un tremblement de terre,
un tsunami, Fukushima. 
Est-il possible de faire
des projets après cela ? 
Quand une promesse
devient hommage.

Il s'agit d'un témoignage très poignant de la part d'une expatriée japonaise. Elle vivait en Italie avec son époux lors des terribles évènements du 11 mars 2011 et de ses suites. Il y a treize jours, ça faisait deux ans.
Elle commence son récit en remontant loin dans son passé, en évoquant ses difficultés médicales alors qu'elle était encore enfant. Si ça peut surprendre au début, on comprend vite l'objectif de l'auteure. Elle avait besoin de remettre en contexte cette promesse. Une promesse qui, dans ce drame, a beaucoup de valeur. Retourner au Japon afin de voir les cerisiers fleurir.

C'est vraiment le côté témoignage qui donne tout l’intérêt à ce manga. J'ai ressenti au cours de ma lecture un certain trouble, j'ai vraiment été touché. Avoir vécu cette tragédie, craindre pour ses proches, avoir vu son pays frappés si durement. Elle passe par l’incompréhension, la colère, la volonté de faire quelque chose pour aider. Retourner au Japon. Ce retour, tenir cette promesse devient plus qu'une obligation. Une nécessité. Elle en a besoin pour continuer à vivre.
Je trouve que Keiko Ichiguchi a vraiment réussi à transmettre ce qu'elle ressentait. Même si je pense que c'est impossible de réellement comprendre ce qu'elle a vécu, de comprendre ce que les Japonais ont vécu. La double page sur le tsunami donne froid dans le dos.

J’ai travaillé dans un pays traversé par le Printemps Arabe. Être rapatrié au plus fort de la révolution et devoir suivre les évènements derrière son ordinateur en France, se rendre compte de l’inutilité des médias lorsque tu veux vraiment savoir ce qui se passe, ça m’a marqué. J’avais aussi vraiment besoin d’y retourner, ce qui s’est fait. Cette impuissance, je peux un peu la comprendre, mais dans toute proportion gardée, bien évidemment. C’est une tragédie ici, qui a frappé profondément une nation entière, 130 millions de Japonais, voir même au-delà des frontières.
Mais au final, Keiko Ichiguchi a souhaité aussi transmettre un message positif, en affirmant que l’espoir est toujours là. « Malgré tout », dans le titre, quelle valeur lui donner ? Une attitude peut-être très japonaise devant les catastrophes, mais humaine et sans doute bienvenue pour continuer à avancer et vivre.

Il y a aussi une critique assez forte contre l’attitude du gouvernement japonais, sur le fait qu’il ait volontairement noyé les informations, cachant certaines autres, voir peut-être mentir. Il y avait de la colère, aussi de l’incompréhension devant une catastrophe inimaginable ; dans ces moments, on se tourne souvent  vers les autorités qui peuvent alors cristalliser les critiques. Mais quand on a un minimum lu sur le sujet, on sait que cette critique revient régulièrement au Japon, encore aujourd’hui, une critique assez largement confirmée je dirais même.
À noter enfin que ce manga est édité avec un sens de lecture occidentale, sans doute pour essayer de toucher un public plus large. Si j’ai bien compris, il s’agit même en fait d’une œuvre réalisée pour le public européen. C’est assez rapide à lire, côté réalisation, il n’y a à redire, et, au final, je pense que cette lecture ne peut pas laisser insensible.
À lire. À méditer.

2 commentaires:

  1. Toi, tu vas me redonner envie de me pencher de nouveau sur les mangas avec assiduité... en plus, c'est un one-shot, l'excuse est toute trouvée.
    L'avant-dernier paragraphe de ton article est touchant.
    En tout cas, si je lis ce manga, je repasserai par ici pour te donner mon avis. Merci pour la découverte. (^^)

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    Réponses
    1. C'est alors en effet une bonne occasion. ^^

      Puis, là, l'intérêt qu'on peut avoir pour ce titre dépasse même le simple cadre du manga. L'édition de Kana est pour ça bien sympathique (et bien pensé), j'espère que pas mal de gens s'y intéresseront.

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