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samedi 11 février 2017

TOP 5 : Vos acteurs japonais préférés

Après un premier top dédié à mes dramas japonais préférés, je vais enchaîner avec un nouveau top dédié cette fois-ci à mes acteurs nippons favoris. Il s’inscrit une nouvelle fois dans le challenge qu’a proposé Angel aux amateurs de dramas asiatiques. Ce top était prévu pour novembre dernier, du coup, c’est encore une séance de rattrapage aujourd’hui.
Si j’ai eu beaucoup de mal à classer mes séries préférées, pour les acteurs, c’est un peu plus simple. Disons qu’il y a quelques noms qui me viennent très rapidement en tête. Mais passons ces détails et allons au plus important :

N°5 : Oguri Shun


Oguri Shun

Il y a quand même cette cinquième place qui est un peu plus compliquée, qui choisir pour compléter ce top ? C’est Oguri Shun qui s’impose. Et c’est peut-être d’ailleurs l’acteur le plus connu, du moins en occident, dans ce top personnel. Quand je pense à Oguri Shun, je pense avant tout à trois séries : le cultissime Hana Yori Dango, dans une moindre mesure HanaKimi, mais également, la plus récente des trois mais celle qui le met sans doute encore plus en valeur, l’excellent Nobunaga Concerto. Il m’a tellement stupéfait avec cette dernière série que, simplement cela, suffit à le faire entrer dans ce top. Il ne me faut pas oublier Ouroboros avec un rôle plus sombre mais bien maîtrisé. Oguri Shun est un acteur assez important et emblématique sur la scène japonaise, mais il mérite amplement sa popularité. Il est très bon.

Oguri Shun - OuroborosOguri Shun - Nobunaga Concerto
 Oguri Shun dans Ouroboros et Nobunaga Concerto

N°4 : Ayano Gou



Alors là, c’est un cas un peu particulier dans ce top, Ayano Gou, en comparaison avec les autres acteurs cités, c’est quelqu’un que j’ai moins souvent vu à l’écran. Certes, il y a eu Soratobu Kouhoushitsu qui fait partie de mes séries (romantiques) préférées, et rien que ça c’est déjà (très) bien. Il y a eu aussi le mémorable (mais que je n’ai pas fini, pour je ne sais quelle raison… erreur à corriger) Saikou no rikon et ses dialogues si bien écrits. Il y a aussi son rôle dans Yae no Sakura plutôt convaincant en tant que daimyo d’Aizu. Mais cela ne fait pas tant de séries que ça. Mais c’est suffisant pour, à chaque fois et avec recul aussi, me donner une très bonne impression. Ce que j’apprécie surtout chez lui, c’est sa présence tout en douceur. Il ne s’impose pas par un charisme débordant, par un verbe époustouflant (il joue des personnages même souvent assez discrets), il est là, tout simplement, et réussit à porter son personnage au premier plan sans faire de vague. J’apprécie ça.

Ayano GouAyano Gou
Ayano Gou dans Soratobu Kouhoushitsu

N°3 : Yamada Takayuki


Yamada Takayuki

Cet acteur aurait pu être mon n°2 voir n°1 il y a quelques années, mais malheureusement je lui ai trouvé moins de séries marquantes ces derniers temps. Reste que Yamada Takayuki, c’est cet acteur qui a joué le premier rôle dans Byakuyakou (mon TOP 1 j-drama !) ou dans très bon, et lui aussi bouleversant, Sekai no Chuushin de. Dans les deux cas, ils partagent l’affiche avec Ayase Haruka et c’est, à chaque fois, excellent (surtout dans Byakuyakou). Il interprète un rôle un peu du même type avec Taiyou no uta ; il est généralement très bon pour jouer des personnages faisant face à un amour impossible ou à l’issu tragique. Dans des rôles plus récents, je veux mentionner quand même celui dans Nobunaga Concerto, il n’était vraiment pas mal du tout. Si je le suis un peu moins aujourd’hui, il en reste pas moins que Yamada Takayuki est un acteur qui a fortement marqué mes visionnages dramatesques. 

Yamada TakayukiYamada Takayuki - Nobunaga COncerto
 Yamada Takayuki dans Sekai no Chuushin de et Nobunaga Concerto

N°2 : Sakai Masato


Sakai Masato

Alors là, cet acteur c’est quelqu’un ! Sakai Masato ne pouvait que figurer dans ce top et très haut dans celui-ci. Si je devais donner quelques titres qui résumeraient bien mon avis sur lui, ce serait le très drôle Legal High dans lequel il joue un avocat totalement décalé à se tordre de rire, où Hansawa Naoki où il interprète magnifiquement le rôle d’un banquier qui doit faire face aux dangers d’un système sans pitié. Ce sont deux séries d’un registre très différent, le comique presque burlesque d’un côté, et une sombre affaire en mode thriller de l’autre. Il excelle dans ces deux rôles avec une touche, une présence qui lui est propre. Je l’adore. Allez, ma seule déception est peut-être Dr. Rintarô que j’ai vu récemment ; malgré son bon jeu, il ne pouvait pas sublimer cette série qui reste assez faible (mais quand même sympathique). Pour d’autres séries dans lesquelles il joue (forcement bien~) : il y a Atsuhime dont j’ai parlé dans le top précédent, mais aussi Nankyoku Tairiku, une chronique plutôt originale et intéressante sur l’exploration japonaise de l’Antartique dans le contexte d’après seconde guerre mondiale ; Sakai Masato y joue un personnage secondaire mais très intéressant (puis la série, même avec ses faiblesses, vaut largement le détour !).

Sakai MasatoSakai Masato
Sakai Masato dans Tsure ga utsu ni narimashite, Legal High et Hanzawa Naoki

N° 1 : Fujiki Naohito


Fujiki Naohito

Fujiki Naohito, aaah, cet homme a juste la classe. Je ne saurais pas dire beaucoup plus de choses que cela. Je le trouve toujours ultra classe, quel que soit son rôle. Il a une réelle présence et apporte toujours quelque chose au drama dans lequel il joue. Je l’ai découvert à mes débuts drama-tesques avec Hotaru no Hikari où il jouait parfaitement de ce contraste entre son personnage « sérieux » face à l’incontrôlable Hotaru (Ayase Haruka). Il y eut ensuite l’inoubliable Koukou Kyoshi 2003 : dans cette série, il excelle et fait preuve d’une réelle maîtrise dans son jeu ; son duo avec Ueto Aya y est magnifique. Même dans une série à l’intérêt relativement fragile comme Control, il réussit à bien s’en sortir. Je l’ai bien aimé dans Last Cinderella (cela aurait dû être lui… sérieusement !) ou dans le très chouette et coloré Kokoro ga pokitto ne. De manière générale, il ne m’a jamais déçu, il a toujours su être classe et apporter une immense plus-value à ses personnages. C’est un top-acteur !

Fujiki Naohito dans Nobunaga Concerto, Koukou Kyoshi 2003 et Last Cinderella


***

Voilà pour ce top toujours très subjectifs mais qui regroupent des acteurs japonais que je trouve excellents et mémorables. Mes n°2 et n°1 pourraient presque en fait partager la première place du podium, tellement ils sont chacun au top de leur maîtrise, mais il fallait bien faire un choix. J’ai d’ailleurs assez hâte d’écrire mon top concernant les actrices japonaises avec lequel j’aurais sans doute encore plus de mal à être objectif, mon petit kokoro va s’exprimer avec passion. Faire ces petits tops est encore une fois un exercice bien sympathique, du coup, je vous redonne le lien du challenge d’Angel si vous souhaitez aussi participer !
Regardez des (j-)dramas, mangez des (j-)dramas, buvez des (j-)dramas et partagez !

Et vous, quels sont vos acteurs japonais préférés ?

mercredi 11 novembre 2015

« Nobunaga Concerto », Nobunaga malgré lui

Nobunaga Concerto - 信長協奏曲
Une semaine et deux billets, que de folies sur ce blog. Je vais de nouveau parler d’un J-drama, avec le très bon Nobunaga Concerto, une série de Fuji TV diffusée entre octobre et décembre 2014 et qui est disponible, chez nous, sur la plateforme Crunchyroll. 

À la suite d’un étrange phénomène, Saburô est projeté dans l’ère Sengoku (une époque située entre le XVe et le XVIe siècle). Il rencontre un jeune homme malade, un certain Oda Nobunaga, amené à devenir l’un des plus grands seigneurs de guerre du Japon. N’ayant pas la force d’assumer cette fonction, Nobunaga demande à Saburô de le remplacer, d’autant que tous les deux se ressemblent d’une façon troublante. Avec ses connaissances du monde moderne, Saburô parviendra-t-il à unifier le pays ?
(Source : Crunchyroll) 

La série suit logiquement l’histoire du célèbre Oda Nobunaga ; on retrouve ainsi les principaux épisodes de sa vie et de sa marche vers le pouvoir, que ce soit avec les batailles, les liens politiques avec les autres daimyôs, mais aussi concernant des décisions politico-économiques comme la dissolution des associations de marchands qui étouffaient le commerce local. Généralement, en particulier dans la première moitié de la série, chacun de ces épisodes est abordé avec une certaine légèreté teintée de toute la naïveté de Saburô/Oda qui rêve de construire une société de paix, sans guerre. Mais la réalité du monde est tout autre.

En fait, tout au long des 11 épisodes, le glissement est bien perceptible, cette naïveté se transforme ; Saburô/Oda doit se rendre compte des limites d’une telle vision idyllique et les accepter, le choc est même parfois dur, que ce soit avec la violence des batailles, la douleur des trahisons. Nobunaga Concerto raconte à la fois l’Histoire du Japon, à sa façon, mais aussi l’histoire d’un personnage fictif, celui de Saburô qui doit gagner en maturité et s’accaparer du rôle d’un dirigeant qui est amené à un jouer un rôle capital, lors de la violente époque Sengoku.
Ce changement se perçoit très fortement au niveau de l’ambiance : on rigole beaucoup au cours des premiers épisodes, beaucoup moins vers la fin (malgré quelques passages plus légers et toujours bien amenés). Certaines séquences sont même dures, révoltantes. Saburô doit lutter contre cette noirceur du monde qui l’entoure. Mais il n’est pas seul ; ses actions lui auront fait gagner le cœur de ses conseillers, comme Tsuneoki (Tsune-chan), mais aussi le cœur de Kichô, l’épouse de Nobunaga. La relation entre elle et Saburô est par ailleurs vraiment plaisante et agréable à suivre.
Le seul point assez étonnant, c’est le peu d’insistance de la part de Saburô pour revenir à son époque, si ce n’est lors d’un court passage ; on peut imaginer que les divers rencontres avec « d’autres cas » l'ont amené vers une certaine résignation.

Nobunaga Concerto - 信長協奏曲Nobunaga Concerto - 信長協奏曲 - Oguri Shun - Nobunaga
Nobunaga Concerto - 信長協奏曲Nobunaga Concerto - 信長協奏曲
Nobunaga Concerto - 信長協奏曲Nobunaga Concerto - 信長協奏曲

Chose que j’ai beaucoup appréciée, c’est l’approche de l’Histoire. Je vais éviter la déformation professionnelle, mais malgré toutes les libertés prises avec la vraie Histoire, Nobunaga Concerto parvient à s’accaparer des principaux événements de la vie de Nobunaga pour en faire un ensemble cohérent, convaincant sans trop tordre le cou à la réalité historique. D’ailleurs, j’ai particulièrement adoré le traitement de Tokugawa Ieyasu, avec une très forte dose d’humour.
Un petit regret peut-être, c’est le manque de repère chronologique. Le seul véritable, c’est Oichi, la sœur de Nobunaga qui est marié au daimyô d’Asai (dont la relation avec Saburô/Oda est l’un des fils rouges le plus intéressant de la série) ; de ce mariage va naître trois filles que l’on voit grandir, tout du moins on le constate, surtout à la toute fin d’un épisode très marquant. Cela ne gène cependant pas trop le scénario, l’ensemble se s’enchaîne très bien.

Les Japonais sont plutôt bons pour la réalisation de dramas « historiques ». Les décors sont toujours soignés, et plus particulièrement encore les vêtements. Il est par ailleurs intéressant d’observer le style vestimentaire de Saburô/Oda qui suit très bien le développement du personnage, de son adaptation, tout en gardant une réelle particularité.
Si cette réalisation est réussie, j’ai juste regretté le manque de diversité dans les décors au sein du château du clan Oda. C’est récurrent dans beaucoup de séries de ce genre (encore que les taigas de la NHK doivent avoir des budgets bien plus importants), mais je l’ai plus ressenti ici. Les événements se concentrent autours de très peu de lieux : la salle du conseil, le petit jardin intérieur qui relie les appartements de Nobunaga et de Kichô, et l’extérieur se résume à l’entrée du château avec cette cour et la tour. J’imagine qu’il est extrêmement difficile (et coûteux) de multiplier ces décors. Ça n’altère en rien la qualité de la série, mais une plus grande diversité lui aurait peut-être donné encore plus d’ampleur.

Sur le plan musical, c’est ici également réussi ; on alterne entre des thèmes classiques, tantôt calmes, tantôt plus rythmés, voire épiques, et d’autres plus modernes ; tous accompagnent la plupart du temps de la meilleure manière possible chaque événement, chaque moment important en lui faisant gagner en intensité. 



Nobunaga Concerto - 信長協奏曲 - Fujiki NaohitoDu côté casting, il n’y a rien à redire. C’est presque un sans faute. Je retrouve par ailleurs plusieurs acteurs que j’affectionne beaucoup, notamment l’excellent et classe (!) Fujiki Naohito (Kokoro ga Pokitto ne, Last Cinderella, deux autres séries disponibles sur Crunchyroll ou Koukou Kyoushi 2003), dans le rôle du conseiller de Nobunaga, Takenaka Hanbee.
Nobunaga Concerto - 信長協奏曲 - Yamada Takayuki
Cela faisait longtemps aussi que je n’avais pas retrouvé Yamada Takayuki (Byakuyakô, Taiyô no Uta), ici dans le rôle d’un homme qui deviendra le célèbre Toyotomi Hideyoshi ; j’ai mis quand même beaucoup de temps à m’habituer à ce personnage obscure.
Nobunaga Concerto - 信長協奏曲 - Shibasaki KouCette série a été aussi l’occasion de retrouver Shibasaki Kou (Galileo), dans le rôle de l’épouse de Nobunaga, Kichô, que j’ai trouvé progressivement convaincante, essentiellement dans sa façon de montrer son attachement pour Saburô/Oda. Un beau couple.
Nobunaga Concerto - 信長協奏曲 - Mukai OsamuJe passerai sur plein de noms, on pourrait presque tous les mentionner, notamment Mukai Osamu dans le rôle d’Ikeda Tsuneoki, le frère de lait et vassal de Nobunaga ; je connaissais d’ailleurs assez mal cet acteur, il est plutôt bon.
Nobunaga Concerto - 信長協奏曲 - Oguri ShunNobunaga Concerto - 信長協奏曲 - Oguri Shun

Le principal acteur est le fameux Oguri Shun ; il est célèbre, même je l’avais vu dans assez peu de séries/films (notamment Hana Yori Dango, qui commence à dater en fait). Il joue deux rôles, les deux visages de Nobunaga, le vrai évidemment, mais donc aussi celui de Saburô, son double. Il est juste épatant. Il alterne avec brio des passages drôles, à la limite du burlesque parfois, tout autant que les séquences beaucoup plus graves, tristes ou éprouvantes. J’ai vraiment vécu son personnage de Saburô. Rien à redire : il fut excellent.

La conclusion de la série a le mérite de mettre l’eau à la bouche. On a droit à un retournement brutal avec le vrai Nobunaga qui montre alors son véritable visage. Personnellement, ce passage m’a bien surpris, même si plusieurs indices pouvaient le laisser envisager. Quoi qu’il en soit, la série, malgré cette fin très ouverte, laisse présager du très bon pour le film qui sera diffusé en 2016 (le 23 janvier). On se retrouve à la toute fin devant le sanctuaire Honnô-ji, lieu symbolique puisque, historiquement, c’est là qu’Oda Nobunaga sera poussé au suicide par... Mitsuhide Akechi. Pour ce dernier, je ne vais rien dire si vous n’avez pas encore vu cette série. J’imagine déjà quelques rebondissements éclatants avec un tel final ; j’ai vraiment hâte de pouvoir ce film !

Nobunaga Concerto - 信長協奏曲 - Oguri Shun - Nobunaga - Saburô

Vous aurez compris, j’ai aimé Nobunaga Concerto. J’ai même adoré, si ce n’est plus. C’est la curiosité qui m’a amené à commencer cette série, ainsi que son affiche sympathique et les divers avis positifs que j’avais pu lire. Au final, c’est une œuvre vraiment aboutie que Fuji TV nous offre et que Crunchyroll diffuse chez nous. C’est un j-drama qu’il faut voir, vraiment, et plus encore si vous aimez l’Histoire japonaise. Pourtant, sur le papier, c’était risqué, les écueils étaient nombreux et ils furent généralement très bien évités. Même, encore mieux, la série réussit à se transformer, à gagner en profondeur, aider grandement par une réalisation réussie, mais surtout par des acteurs convaincants et efficaces, Oguri Shun en premier lieu, mais pas seulement. Je le redis, mais j’ai vraiment hâte de voir le film, j’espère qu’il sera aussi diffusé chez nous. Nobunaga Concerto rejoint le panthéon de mes j-dramas préférés !

jeudi 24 mai 2012

« Sekai no chuushin de, ai wo sakebu », un tragique cri d’amour !

Sekai no chuushin de, ai wo sakebu, « Un cri d’amour au centre du monde », il faut que parle de ce drama. Je ne sais pas si le titre est bien traduit (c’est ainsi que l’a compris la team que j’ai suivie), mais ça semble bien correspondre, en anglais aussi. Quand je relis ce titre maintenant, j’ai bien plus conscience de qu’il peut signifier. [EDIT : Concernant le titre, voir les infos données par Nyo dans le premier commentaire.]
Il s’agit du dernier J-drama que je viens de terminer… Ce n’est sans doute pas le moindre du fait de ma réaction devant les onze épisodes qui le composent. Je m’attendais à une histoire intense, mais j’ai tout de même été surpris par cette intensité.
Un rapide résumé avant pour bien planter le décor. Ce drama raconte l’histoire d’amour tragique entre deux jeunes lycéens de 17 ans, Matsumoto Sakutarou (joué par Yamada Takayuki) et Hirose Aki (jouée par Ayase Haruka) ; quand débute la série, cela fait déjà 17 ans qu’Aki est décédée, pourtant, Sakutarou n’est pas parvenu à tourner la page et encore moins à oublier tout ce qui s’est passé entre eux. C'est une série diffusée en 2004 qui est l’adaptation d’un roman. Je vais faire attention à ne pas (trop) spoiler avec les captures d'écran et avec les commentaires...

À la base, en fait, ce drama que j’avais repéré depuis quelques temps déjà, je l’ai commencé pour une chose : le duo des acteurs, c'est-à-dire Yamada Takayuki et Ayase Haruka. Ce sont mes deux acteurs japonais préférés, je l’ai déjà dit même si je n’ai pas encore écrit sur ce blog beaucoup de billets sur des films ou des séries dans lesquels ils ont joué. Bon, j’en ai fait au moins un sur le film de samouraïs Ichi avec l’impressionnante Ayase Haruka. Pour cette dernière, j’aurais pu aussi parler d’Hotaru no Hikari  où elle excelle (je suis en train de me revisionner la première saison~ donc je risque d’en reparler d’ici peu). Pour Yamada Takayuki, il y avait par exemple Taiyou no Uta (dans un registre très proche de la série dont je vais parler) mais aussi par exemple un bon rôle (secondaire) dans le film de Ikigami.
Mais plus encore, s’il y a une série qui m’a réellement marqué avec ces deux acteurs, c’est le tragique mais magnifique Byakuyakou !! En fait, c’est exactement le même duo d’acteurs.

Plus que ce duo, il y a énormément de similitudes entre Byakuyakou et Sekai no chuushin de, ai wo sakebu. On peut par exemple le constater avec le staff, on retrouve des membres en commun. Shibasaki Kou s’occupe aussi des génériques dans les deux séries, de même pour l’OST en général avec le remarquable Kono Shin aux manettes.

 


Il y a de nombreux points en commun dans la mise en scène notamment pour le générique, la façon de le présenter visuellement, ou plus anecdotique, quand Saku est allongé sur le dos, au sol, dans deux ou trois scènes, ça ne peut qu’évoquer une scène très marquante dans Byakuyakou. Je me doutais que j’allais retrouver dans Sekai no chuushin de, ai wo sakebu des éléments qui me parleraient, c’est ce que je cherchais peut-être, et je les ai trouvés, mais plus encore.
Je ne vais pas aller plus loin dans la comparaison, car ce serait retirer à ces deux séries une partie de leurs qualités respectives. Malgré ces points communs, on a droit à deux dramas réellement différents. L’approche est peut-être semblable (par exemple, on connait dans ces deux cas la fin tragique dès le début), mais les deux histoires sont bien différentes.

Honnêtement, j’ai eu beaucoup de difficulté à garder mon sang froid devant Sekai no chuushin de, ai wo sakebu. Cette histoire est très poignante, vraiment… Et dès les premiers épisodes, j’ai senti son effet sur moi (ce qui fait que je n’ai pas fini la série en une seule fois pour ne pas rentrer en totale déprime)… C’était une histoire triste, mais belle à la fois.
Saku et Aki partageaient un véritable amour, un bel amour nourri par des sentiments très forts. C’est sans aucun doute cette profonde attache entre eux qui rend cette histoire encore plus tragique. Ils étaient tellement attachants. Aki, c’est elle qui subit de plein fouet cette affreuse maladie, c’est elle qui va malheureusement mourir (et on le sait dès le début) malgré sa détermination et son envie de rester avec lui… Saku, malgré sa bonne santé, va être confronté à cela avec beaucoup de violence ; il souhaite trouver quoi faire pour celle qu’il aime, il traverse des passes de déprime, de nombreuses fois, il ne savait plus où allait, quoi faire, à d’autres moments, il retrouve du courage.

Ce genre d’histoire d’amour entre deux jeunes gens séparés par une grave maladie, c’est une thématique habituelle. Je parlais plus haut de Taiyou no Uta, c’est exactement ça. Mais une chose diffère ici… On voit Saku à 17 ans, mais aussi à 34 ans (et dans ce cas, il est interprété par Ogata Naoto), c'est-à-dire 17 ans après la mort d’Aki. On le voit toujours avec les cendres de celle qu’il a(vait) tant aimée, on le voit totalement perdu, toujours aussi désemparé après toutes ces années. Il n’a jamais réussi à trouver une réponse, une nouvelle raison de vivre, il vit enfermé dans le passé. Après 17 ans, il se rend compte que beaucoup d’années se sont écoulées, mais si peu à la fois ; il se demande combien de temps il devra encore ainsi vivre ainsi ?... Avant de mourir ! Ce Saku là, il me peinait vraiment ; je souhaitais vraiment qu’il parvienne à tourner cette page. La question de l’oubli est vraiment une thématique essentielle dans ce drama. Faut-il oublier ? Est-ce bien d’oublier ? Ces questions sont en fait très difficiles même si pour nous, spectateurs/rices, on pourrait rapidement répondre que accepter ne veut pas dire tout oublier, ne veut pas dire rayer le passé.

Chaque épisode suit un schéma qui se répète : on commence avec ce Saku qui replonge dans son passé, celui en commun avec Aki, ce passé dont il ne peut se séparer. On vit ainsi, à travers ces souvenirs, les différents épisodes de cette histoire d’amour, les prémices, la déclaration, les premiers temps heureux, et ensuite les moments malheureux ponctués de hauts et de bas, puis... le moment fatidique.
La deuxième partie de la série est clairement la plus difficile, on vit la maladie d’Aki au jour le jour, on suit leurs espoirs, leurs phases de désespoir. Après le passage sur l’île, qui aura offert parmi les plus beaux moments de complicité entre eux-deux, la série prend réellement sa tournure dramatique. Mais rien n’était caché, dès la fin du premier épisode, on nous dit que ce fut son dernier anniversaire, les premières minutes du premier épisodes parlent d’elles-mêmes. Le ton est très vite donné, on ne cache rien au téléspectateur. Le fait de savoir, le fait de connaître le dénouement, provoque forcément une réaction, on peut dire que c’est plutôt bien travaillé. En effet, pour réellement toucher le public, il fallait que les personnages soient attachants et leurs sentiments forts. L’immersion est d’autant plus forte que l’attache pour les personnages l’est, c’est réussi pour ma part ; c’est une des qualités indéniables de la série. La seconde partie m’a de ce fait beaucoup plus affecté qu’un drama plus classique.

Saku et Aki partagent beaucoup à travers des cassettes audios. Chacun leur tour, avec un walkman par lequel tout a commencé, ils s’enregistrent des messages. Cet échange tient une place centrale dans la série, et encore après le décès d’Aki. Cette piste scénaristique a été très bien utilisée et elle illustrait parfaitement la distance et la proximité qui ont existé entre eux au cours de ces dix-sept années. Ces cassettes sont à la fois de très bons et beaux souvenirs, mais elles peuvent s’avérer être un piège cruel ; les écouter encore et encore peut empêcher d’accepter la réalité. On l’entend, on se souvient d’elle, on pense qu’elle est encore là, on n’accepte pas, on ne veut pas l’accepter. Mais, ces échanges constituent tout de même une des plus belles expressions de leur relation amoureuse, si ce n’est la plus belle. Il y a quelques enregistrements qui sont juste magnifiques comme la déclaration d’Aki et la réponse de Saku… Voilà quoi.

Une seconde Aki intervient, Kobayashi Aki (interprétée par Sakurai Sachiko). Elle a connu Saku quelques années auparavant lorsque son mari l’avait quittée. À ce moment là, elle était enceinte et c’est Saku qui l’a encouragé à garder l’enfant (Kazuki) qu’elle portait, tout en lui apportant son soutien et son aide. De ce fait, le petit Kazuki a vu très vite en Saku son père d’adoption. Pourtant, ce dernier vivait dans son passé… Cette seconde Aki et son fils vont jouer un rôle important.

Comme je le disais plus haut, Sekai no chuushin de, ai wo sakebu, c’est à la fois une très belle histoire d’amour entre deux personnes ressentant l’un pour l’autre de vrais et purs sentiments, mais aussi une histoire tragique car l’une est la victime d’un destin injuste et l’autre est également une victime, et peut-être même doublement. Il a perdu celle qu’il aimait plus que tout, mais en plus, il va vivre, pendant 17 ans, hanté par cette injustice. Peut-être en cela, même si c’est absurde de dire que l’un m’a touché plus que l’autre, j’ai été plus affecté par Saku, sans doute du fait qu’il était toujours vivant.

Que ce soit Yamada Takayuki ou Ayase Haruka, j’ai retrouvé deux acteurs qui m’épatent réellement. J’ai même envie de dire que, à côté, tous les autres acteurs semblent bien fades (même si Sakurai Sachiko jouait bien ou encore Matsushita Yuki qui interprétait la prof, les parents aussi). Ce duo qui m’avait époustouflé dans Byakuyakou, je l’ai retrouvé. Ils sont convainquant, ils me donnent vraiment l’impression d’être habités par leur personnage. Il y a quelque chose chez eux que j’ai du mal à qualifier mais qui m’impressionne à chaque fois, surtout quand ils jouent ensemble.
D’ailleurs… Ayase Haruka, physiquement, elle les y a laissés, ça m’a tellement surpris que je me demandais s’il n’y avait une sorte de Photoshop derrière ; nan, elle l’a fait. Puis, le régime imposé... J’en oublierai presque le Saku d’Ogata Naoto (celui qui a la trentaine), mais, il a beaucoup participé à mon attachement à son personnage, lui aussi a été très bon (et très touchant).

L’objectivité chez moi, ce n’est pas une qualité innée, loin de là (et je ne la recherche pas), mais j’ai quand même envie de dire que Sekai no chuushin de, ai wo sakebu est un magnifique drama.
Il est peut-être moins original que Byakuyakou par son scénario, mais on retrouve dedans tant de qualités, rien que pour la force des sentiments que peut faire ressentir cette série. Je n’aime pas dire, et je dirai pas que c’est « génial », « trop bien », que « j’adore », ce genre d’histoire ne s’y prête pas, mais je classerai quand même ce drama parmi mes préférés. Après, si on est allergique à ce genre d’histoire, c’est autre chose.
Le scénario est parfaitement maitrisé sur sa longueur, il nous donne le temps pour s’attacher aux personnages tout en présentant bien les problématiques et thématiques dont quelques unes que j’ai pu souligner auparavant. Évidemment, les réalisateurs ont voulu beaucoup jouer sur la fibre émotive, ils l’ont fait, mais il n’y a pas de surenchère, ils n’en font pas trop, l’ensemble reste crédible et cohérent. Même la tentative finale d’Aki l’est. La conclusion est à la hauteur de la série.
Quand je vois les récompenses de la série, je me dis que je ne suis pas le seul à le penser, prix du meilleur acteur, du meilleur second rôle féminin, du meilleur casting, du meilleur générique, etc.
Je me suis laissé entrainer d’épisode en épisode, littéralement absorbé. On ne peut rester qu’un spectateur passif devant ces événements, tout au plus, on peut réagir émotionnellement, mais j’ai réellement été touché et affecté par Sekai no chuushin de, ai wo sakebu, Aki et Saku. J’ai trouvé ce drama poignant et beau à la fois.

Attention, vidéo réservée à ceux qui ont vu la série !!