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jeudi 13 septembre 2012

« Les enfants loups », le choix de vie d’Ame et de Yuki


C’est un petit film qui fait pas mal parler de lui. Depuis fin août, Les enfants loups – Ame & Yuki, est visible dans nos cinémas. Il n’y a pas à dire, les nombreux commentaires qu’on peut lire sur ce film d’animation montrent que le dernier né de Mamoru Hosoda reçoit un bien bon accueil. Et il est mérité.

Si vous n’avez pas encore vu ce film, et que vous prévoyez de rattraper cette erreur~, ne lisez pas ce billet. Ne lisez plus rien du tout et allez au cinéma tout simplement.


Synopsis :
« Hana et ses deux enfants, Ame et Yuki, vivent discrètement dans un coin tranquille de la ville. Leur vie est simple et joyeuse, mais ils cachent un secret : leur père est un homme-loup. Quand celui-ci disparaît brutalement, Hana décide de quitter la ville pour élever ses enfants à l'abri des regards. Ils emménagent dans un village proche d'une forêt luxuriante… » (Allociné)


Le film se déroule en trois temps. La vie du jeune couple. Si ce n’est la rencontre entre Hana et Okami à l’université, tout se passe ensuite (très) rapidement, un enfant nait, le deuxième suit très vite. Les images se succèdent, sans ou avec très peu de paroles, le tout est visuel. Ce fut assez étrange sur le coup, mais l’effet est réussi. Arrive alors l’élément déclencheur de la série : la mort du père homme-loup. La vie de Hana et de ses deux très jeunes enfants se complique. Ce sont tous les deux, comme leur père, des hommes-loups, enfin louveteaux pour être plus précis. Pour Hana, c’est assez difficile… Elle n’a pas peur de ses enfants, mais qu’en serait-il des voisins et des autres ?

Débute alors la deuxième partie. Hana décide de déménager loin avec sa fille Yuki et son fils cadet Ame, dans les montagnes japonaises, loin de toutes les grandes villes. Elle doit tout apprendre, apprendre à vivre dans cet endroit reculer, apprendre à cultiver ses terres car rapidement son épargne s’épuise. Élever ses enfants en toute quiétude est sa plus grande priorité. C’est une très belle partie, comme lors de la première, il n’y a quasiment aucun grand discours, on observe beaucoup, on suit ces deux enfants diablement attachants, on suit également Hana. C’est joliment raconté et c’est vraiment à ce moment que le charme des Enfants loups fait son effet.


La série prend un dernier tournant. Plus exactement, il y a deux tournants, un pour Yuki, un autre pour Ame. À partir de ce moment, ces deux jeunes enfants vont commencer à changer, et même à intervertir leur caractère. Yuki était la louve, bien plus sauvage que son frère qui était assez craintif et timide. Tout change alors (mais progressivement). Hana est une mère exceptionnelle qui fait tout son possible pour que ses enfants trouvent leur voie : celle du loup ou celle de l’homme. Cette partie se finit sur une phase plus intense pendant laquelle ces deux jeunes enfants vont faire leur choix.

Si l’histoire est belle, bien racontée, le film est également beau techniquement. Je retiens surtout tous ces effets sur l’eau, dans les cascades, les rivières, c’était beau à regarder et apporte beaucoup à la série qui repose beaucoup sur la contemplation. Peut-être quelques personnages, en fond, étaient peu soignés, mais pour ce qui est des décors, il n’y a rien à redire. Tout a été fait pour captiver nos yeux

Ma seule critique sur le film serait sur le choix d’Ame. Son changement est bien amené, certes, mais trop accès « naturaliste », si on peut dire ça ainsi. L’importance de la nature, de l’état sauvage et primaire, est un élément important et récurrent dans les films japonais. Mais, je trouve que le choix d’Ame manque de nuance. C’est comme s’il fallait choisir entre le noir ou le blanc sans avoir droit au gris. Pourquoi pas. Mais son choix implique l’abandon de tout le reste… En cela, j’ai préféré le choix de Yuki plus proche de celui son père, mais avec le caractère naissant de sa mère. La qualité du film n’en pâtit pas à mes yeux, mais je l’ai regretté pour le coup.

Par contre, j’ai tendance à lire que le film n’a pas connu une diffusion et une publicité importante ou voir suffisante… Mais tout de même, Kazé a fait les choses en bien plus grand que pour ses derniers essais pour des films d’animation comme Colorful par exemple. Kazé nous bombarde d’informations sur ce film depuis quelques temps, infos bien relayées sur le net, depuis juin-juillet, en suivant un peu les news, on ne pouvait qu’avoir entendu parler des enfants loups. J’ai vu ce film à l’UGC de Lille, j’ai quand même été assez surpris. L’UGC n’est pas réputé pour être le plus petit groupe cinématographique en France. Cette diffusion du film même dans les grosses enseignes est révélatrice de l’effort qui a été fait par Kazé en union avec Eurozoom. On entame la troisième semine de diffusion du film, et encore pas mal de grandes villes continuent à le diffuser. Évidemment, ce n’est pas un Ghibli…

J’y suis allé en étant à peu près certain de voir un bon film. Mais en fait, je suis sorti content d’avoir vu un très bon film. C’était une belle histoire racontée avec beaucoup de simplicité, d’humanité et de poésie. À aller voir, ou revoir, sans hésiter.