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dimanche 8 janvier 2017

2016, mon petit bilan Japon

Ce blog est peut-être moins mis à jour depuis un certain temps (et c’est peu dire, même pas un billet en 2016), mais pour autant je n’ai pas cessé d’apprécier tout ce qui vient du Japon, des animés à la littérature en passant par les J-dramas ou la musique. 2016 a suivi mon évolution des années précédentes. Ma « consommation » a très fortement diminué, ou tout du moins elle continue sa mutation. En ce début de nouvelle année, l’envie de faire un petit bilan de 2016 m’a soudainement pris, d’autant plus que l’année passée a été marqué par un important changement dans ma vie avec la fin de mes (longues) études et le vrai début de ma vie professionnelle.

Cette mutation est surtout perceptible pour deux choses : les mangas, mes achats sont devenus anecdotiques avec seulement Amanchu! et Dimension W ; les animés, même si j’ai enchaîné quelques bonnes petites périodes, comme avec Love Live! en petit plaisir coupable (je n’ai pas essayé la dernière série en y pensant). Ce n’est pas tant que je trouve qu’il y a moins de bonnes séries qu’avant, que la qualité n’est plus là, par exemple Grimgar le Monde des Cendres et de Fantaisie (sur Wakanim) a été un véritable coup-de-cœur, c’était beau et touchant avec un très gros travail sur les personnages. En fait, le « besoin » de regarder des animés ou lire des mangas n’est plus vraiment là. Ce n’est devenu plus qu’un loisir parmi d’autres… lorsque j’ai le temps et lorsque d’autres choses n’occupent pas ce temps libre. Je ne fais désormais plus de marathon de visionnage, un épisode ou deux, de temps en temps, me suffisent amplement (Love Live! ayant été la seule exception en 2016, en lien au fait que je joue un peu au jeu sur mobile). Sans doute qu’en vieillissant nos goûts et besoins évoluent.

En fait, mon goût et mon attirance pour le Japon se sont réorientés – mais en suivant un processus qui n’est pas nouveau – vers d’autres facettes de sa riche culture. Tout d’abord, la musique. En ce moment, je suis sur une grosse période Sekai no Owari ainsi que frederic.


Mon grand malheur, c’est de rater tous les concerts en France (ma blessure pour la Japan Music Party ne s’est pas encore refermée… JAM Project quoi !). J’ai enfin les moyens d’en faire plus, mais je vis à l’étranger (dans un pays où ne viendront vraiment pas les artistes de la J-Music). J’ai quand même pu voir RioRio en juillet, lors d’un petit concert dans Paris, et ça c’était génial ; Hiiragi Rio est une jeune idol pleine de peps, vraiment adorable et proche de son public (même à manger au restaurant avec nous).


Une petite pensée pour tout ce qu’apporte et continue d’apporter Nolife (pensez à voter au J-Top !) malgré les difficultés de la chaîne ; je vous conseille vivement leurs trois derniers reportages J-music de Noël disponibles sur Noco (1, les clips de 2016 – 2, les concerts, 3, les nouveaux artistes).
Je suis loin d’être un spécialiste en musique japonaise, mais elle me plait et je ne m’en lasse aucunement, je suis sans arrêt surpris par sa richesse, par ce que peut offrir le Japon à mes oreilles.

La littérature japonaise reste encore un plaisir que j’affectionne beaucoup, mes lectures restant encore aujourd’hui presque exclusivement nippones. Je continue à éplucher petit à petit le catalogue d’Haruki Murakami, avec par exemple le dernier (en attendant le prochain en 2017) et chouette  «L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage » ; il y a juste « Chroniques de l'oiseau à ressort » que j’ai du mal à finir alors qu’il est pourtant bon. Takuji Ichikawa est un auteur que j’ai bien apprécié cette année, même si les deux romans que j’ai lus ne seront jamais dans une anthologie de la littérature japonaise : « Je reviendrai avec la pluie » et « Dis-lui que je l'attends » sont vraiment agréables à lire. Dans mes petits délires, je me suis aussi lancé pour une thématique chat pour les voyages en avion, « Le Chat qui venait du ciel » Takashi Hiraide était chouette et « 20 ans avec mon chat » de Mayumi Inaba, plutôt touchant.

Je disais précédemment que je ne ressens plus cet ancien attrait pour regarder de nombreux animés. Je suis actuellement en vacances et j’aurais pourtant le temps pour cela ; j’ai un peu regarder les news sur les nouveautés et rien ne me convainc de reprendre un abonnement pour les suivre. Inversement, dès que j’ai du temps libre (et la connexion internet, ce qui est devenu compliqué en fait), je continue à avoir envie à regarder des J-dramas et à aimer ça. Je n’en ai pas tant regarder que ça en 2016, mais j’ai eu quelques grosses séquences (comme en ce moment même) avec de très belles surprises. Pour quelques exemples, il y a le très bon Dr. Kotô (disponible sur Crunchyroll), une très belle chronique de ce médecin et de ses patients sur l’île qui m’avait fortement marqué ; je le conseille vivement ! Nodame Cantabile, autre gros coup de cœur, c’est une excellente série, par son humour et ses deux protagonistes principaux hauts en couleur ; j’ai dévoré ce drama, il ne me reste plus que le second film à voir. 2016, ce fut aussi la première année pendant laquelle j’ai revue pas mal de séries dont Byakuyakou, le superbe drama qui m’a fait tomber dans ce monde, ou quelques épisodes du très touchant Koukou Kyoushi 2003 avec ce superbe duo Ueto Aya et Fujiki Naohito. Je me suis relancé également dans l’hilarant Legal High ; Sakai Masato en avocat farfelu me fait toujours autant rire avec ses mimiques.
Je suis actuellement dans un gros marathon j-drama. Si Summer Nude était sympathique, c’est surtout Hirugao qui m’a marqué avec ses deux actrices sublimes: Ueto Aya et Kichise Michiko (ci-contre).
Pour cette dernière série, j’ai d’ailleurs testé la plateforme viki.com qui propose une expérience intéressante pour la réalisation des sous-titres (moins on trouve sur ce site bien plus de productions coréennes et chinoise que japonaises). Je préfère toutefois l’offre de Crunchyroll et regrette que celle-ci stagne faute de public…
Je regarde actuellement Nigeru wa haji da ga yaku ni tatsu (la série semble avoir rencontré un certain succès) avec Aragaki Yui et Hoshino Gen qui sont vraiment marrants à suivre. Si la motivation est là, j’essayerai d’écrire sur ces dernières séries dans les jours à venir (mais je ne promets rien~).

Pour finir ce petit tour 2016 et loisirs nippons, il reste les jeux-vidéo. Et il y a quand même eu quelques jeux marquant. Sur la pauvre Wii U moribonde (si ce n’est morte aujourd’hui… vivement la Switch !) et mésestimée, il y avait quand même Xenoblade Chronicle X, purée, quel jeu ! Après une bonne centaine d’heures de jeu, je ne l’ai pas encore fini, mais c’est un régal. Son scénario est régulièrement critiqué, mais je trouve qu’il tient bien la route. Puis, ces sensations, c’est quelque chose : lors des premières explorations, lorsqu’on découvre la joie de voyager avec son mécha, puis voler avec lui, à chaque fois, notre perception du monde de Mira, de ses différents continents, de ses créatures, en est bouleversée. Ce Xenoblade fait partie de mon panthéon des J-RPG.
Sur 3DS (une vraie pépite cette petite console), il y a Pokémon Soleil/Lune qui est à mes yeux une vraie révolution pour la saga ; il est beau, riche et son scénario bien mieux maîtrisé sans trop brider notre liberté de jeu. Stella Glow est un beau coup-de-cœur sur cette même console, un tactical RPG classique mais très efficace et servi par une belle bande son. Depuis Noël, je joue aussi à 7th Dragon III - Code: VFD qui prouve, s’il y en avait besoin, que la 3DS est encore riche en belles surprises.

Bref, 2016 n’est pas un cru particulièrement marquant. Cette année s’inscrit dans la continuité des précédentes. Si ce sont les mangas et animés qui m’ont réellement fait tomber dans le bain japonais, je m’en éloigne toujours un peu plus sans pourtant les abandonner. Je sais que je continuerai à prendre du plaisir devant un bon animé ou à lire un chouette manga. Tout évolue, comme ma façon d’occuper mes temps libres. Pour 2017, ce que je souhaite : aller à plus de concerts, ce qui sera malheureusement peu probable (si ce n’est juillet avec Japan Expo ou autour). Que le J-drama se développe de nouveau en France ; malgré les efforts faits, surtout par Crunchyroll (avec un beau catalogue), l’offre légale s’est essoufflée, certainement la faute à une demande malheureusement trop faible. C’est regrettable, la télé japonaise regorge de séries live qui pourrait plaire à de plus en plus de gens attiré par le Japon. Prendre plus de temps pour lire. Enfin bon, on verra bien de quoi sera fait 2017, et, pour l’instant, elle commence sous le signe du J-drama, ce qui est plutôt de bonne augure.

J’en profite également pour vous souhaiter une bonne année 2017 !

dimanche 10 mars 2013

Haruki Murakami, quatre de ses romans, entre ballades et voyages

Haruki Murakami - Elena Seibert
Cette fois-ci, je vais changer un peu par rapport à ce que j’ai l’habitude d’écrire sur ce blog. Mais nous allons rester du côté du Japon (tout de même) car j’ai envie de parler d’un romancier nippon que j’ai appris récemment à beaucoup apprécier. Je parle bien évidemment du célèbre Haruki Murakami (村上春樹).
Je ne suis pas un spécialiste de la littérature japonaise (et même de littérature tout court). De même, je n’ai pas lu énormément d’œuvre d’auteurs japonais. Donc, je ne partirai pas dans de grands discours littéraires. Mais, je vais essayer de partager avec vous un peu de mon impression sur cet auteur et sur quelques unes de ses œuvres.

En tout cas, je pense qu’Haruki Murakami doit être un (si ce n’est « le » ?) des romanciers japonais les plus connus chez nous. À titre personnel, avant même de commencer à lire certains de ses livres et même sans être très tourné vers l’actualité littéraire, je connaissais déjà très bien son nom à travers quelques titres tels que Kafka sur le rivage ou plus encore 1Q84 qui ont été beaucoup médiatisés.
Depuis la fin de l’année dernière, j’ai décidé de me pencher un peu vers le roman japonais – au-delà de la littérature directement liée à la culture manga-esque je veux dire – et (avec Junichirô Tanizaki – mais dont les écrits sont plus difficiles à aborder, Le pont flottant des songes par exemple) Haruki Murakami est l’auteur qui me sert donc de tremplin.

Pour faire un point sur mes lectures actuelles (dans l’ordre chronologique) : j’ai commencé avec La ballade de l’impossible, j’ai suivi avec Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil, je me suis tourné après sur le best-seller Kafka sur le rivage et, là, je viens de me terminer la trilogie 1Q84. Par rapport à la quantité impressionnante de romans qu’il a publiés, c’est assez peu, mais étant donné que je me concentre quasiment jamais sur un seul auteur, c’est presque une exception chez moi. Je pense que cette sélection doit être un minimum représentatif de son travail de romancier. Il faudrait tout de même que je me penche un peu sur quelques unes de ses œuvres qu’il a écrites suite au tremblement de terre de Kobe en 1995 qui a eu – à lire ici ou là – une grande influence sur lui.

Haruki Murakami - La ballade de l'impossible* En fait, la raison principale de mon intérêt pour cet écrivain prend source avec La ballade de l’impossible (1987). J’avais choisi ce premier titre un peu au hasard en parcourant rapidement divers avis de lecteur. Je ne voulais pas commencer directement par un de ses derniers best-sellers. Et, pour le coup, c’est vraiment un roman que je conseille. Vivement. La lecture de ce livre m’a vraiment transporté. Avec recul, je me rends vraiment compte que j’ai adoré le lire. C’est même mon Murakami préféré. J’ai trouvé que l’auteur était parvenu à transmettre beaucoup de choses dans son histoire avec des personnages (très) tourmentés mais profondément humain et si attachants de fait. La lecture est très accessible. Connaître un minimum la culture japonaise doit aider à rentrer dans le livre, peut-être, mais au final, chacun pourra y trouver son compte quelque soit son intérêt pour le Japon. À livre. Vraiment, vraiment !

Haruki Murakami - Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil* Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil (1992) est dans la même lignée. L’approche et les thématiques sont semblables. Si on a aimé le premier, on ne pourra qu’aussi apprécier ce titre. C’est un roman toutefois moins ambitieux, mais il intègre une part de mystère à travers le personnage de Shimamoto-san (toujours avec le suffixe -san dans la traduction de Corinne Atlan, édition 10/18, 2002). On est cependant très loin des mystères dont je parlerai ensuite.


Haruki Murakami - Kafka sur le rivage* Kafka sur le rivage (2002). Alors là, j’avoue que j’ai du mal à savoir quoi penser de ce livre. D’un côté, c’est un roman que j’ai trouvé excellent. Cette double narration est particulièrement réussie, c’est intriguant, mystérieux. Je n’ai rien à y redire. Mais d’un autre côté, j’ai au final – et encore là – ressenti un certain manque. Je n’ai pas réussi au cours de ma lecture à rentrer à 100% dans le livre, surtout à la fin. La conclusion m’a laissé dubitatif, elle ne conclue pas vraiment en fait ; elle laisse le mystère autour de l’histoire tout entier. Là, en fait, je dirais que je n’ai pas vraiment saisi tout ce que l’auteur voulait dire. Beaucoup de question se posent, le mystère autour de l’histoire reste vraiment profond. Tout me surprenait, tout était intéressant, c’était franchement bien écrit, mais… Il me faudra sans doute une nouvelle lecture pour mieux apprécier et cerner l’objectif de Haruki Murakami. Est-ce peut-être en cela que ce livre est réussi ? Peut-être.

* 1Q84, bon là, c’est le gros best-seller (écrit entre 2009 et 2010). Je n’ai pas voulu commencer par ce titre justement à cause de sa notoriété, je voulais un peu connaître l’auteur avant de me plonger dedans. Et j’ai bien fait de lire Kafka avant, c’était une bonne introduction. Car, là, nous sommes dans le même style d’écriture qui mêle au monde réel une part importante de fantastique. C’est donc avec ce titre que j’ai terminé récemment mon exploration de l’œuvre de Murakami.

Haruki Murakami - 1Q84 Livre 1Haruki Murakami - 1Q84 Livre 2Haruki Murakami - 1Q84 Livre 3

Fait notable, il est divisé en trois tomes, chacun couvrant une période de trois mois de l’année 1984, avril-juin, juillet-septembre et octobre-décembre. Je considère que la renommée de ce livre est méritée. Il est passionnant à lire. Haruki Murakami est parvenu à créer une histoire et des personnages intéressants et « un monde » captivant. Encore une fois, comme dans Kafka, il reprend le principe d’un double-narrateur. Le lecteur est invité à suivre le roman à travers deux personnages, le professeur de mathématique Tengo, et une coach-sportif Aomamé. Chacun des deux est propulsé dans une histoire qui va dépasser de loin leur imagination. L’un en réécrivant un roman mystérieux d’une jeune fille tout aussi mystérieuse, l’autre en travaillant en tant que « tueuse » professionnelle. On se retrouve dans un monde si réaliste mais dans lequel règnent deux Lunes, où les Little People observent. « Oooh ooh ! » L’histoire est intrigante, très mystérieuse, l’auteur sait garder le suspens ou faire monter la pression quand il le faut. Labyrinthique est un adjectif que j’ai parfois retrouvé dans des critiques, c’est vrai qu’il correspond bien à ce titre.
Le premier Livre est plus comme une sorte d’introduction avec la mise en place de tous les éléments du récit. Le second Livre est juste majestueux avec des moments très forts. Le troisième, surprenant et même déroutant au début (notamment du fait des narrateurs), révèle progressivement une multitude de surprises avec une belle montée en intensité.

À travers ces quatre titres, on ressent bien les différentes thématiques que Haruki Murakami abordent. Les deux premiers romans sont plus personnels, on ressent fortement la présence de l’auteur, ses personnages sont en partie lui-même (personnages pour lesquels il n’a pas peur de se montrer sans pitié. C’est l’impression qu’ils m’ont donné. Si on lit des interviews, des passages biographiques, on ne pourra que retrouver forcement des éléments présents notamment dans La ballade de l’impossible. Cet aspect personnel était vraiment très fort. Les deux autres titres sont un style différent – même si on peut encore ressentir encore la présence de l’auteur parfois (Tengo de 1Q84, je me demande si ce n’est pas en quelque sorte lui-même ?) – car on touche à des univers beaucoup plus mystérieux dans lesquels se mélangent fantastique et réalité. Ce qui est plus un essai littéraire dans Kafka (qui a joué beaucoup dessus), Murakami en fait une partie totalement intégrante du récit du dernier avec l’imbrication de deux mondes, celui du Japon en 1984 et celui de 1Q84. 

Voilà, tout cela n’est qu’un avis personnel, d’un lecteur bien peu au courant des choses littéraire… J’aime en tout cas beaucoup cet écrivain, j’apprécie grandement son style. Ses romans sont vraiment passionnants à lire, surtout La ballade de l’impossible et 1Q84. Si vous ne connaissez pas, je ne peux que vous encourager à essayer. Je continuerai en tout cas à explorer son bibliographie. Je vais juste faire une pause pour essayer d’autres auteurs japonais. Là, j’ai Parfum de glace de Yôko Ogawa et Je suis un chat de Natsume Sôseki qui m’attendent.

P.S. : Un nouveau roman de Haruki Murakami est annoncé pour avril prochain.