lundi 6 février 2017

Des J-dramas en voilà : « Kazoku no Katachi » et « Sumika Sumire »

Aujourdhui ce sera double critique au menu, avec deux j-dramas diffusés tout début 2016 qui ont un thème en commun, mais des approches différentes.

Kazoku no Katachi

La première série dont je vais parler est Kazoku no katachi (家族ノカタチ, 10 épisodes diffusés entre janvier et mars 2016 sur la chaîne TBS). Ce drama raconte l’histoire de deux voisins trentenaires. Le premier Nagasato Daisuke (interprété par Katori Shingo) vient de faire l’achat de son nouvel appartement, son « château » ! C’est un célibataire, fier de l’être, car ce qui importe le plus, c’est lui-même. Il n’a que bien peu d’intérêt pour l’amour. Sa voisine Kumagai Hanako (jouée par Ueno Juri) lui ressemble beaucoup : le mariage, elle a déjà essayé, et c’est du passé. Un élément perturbateur va enclencher une suite de rebondissements que nos protagonistes, solitaires, vont devoir subir : l’arrivée (depuis la campagne) du père de Daisuke, avec un jeune frère. Oui, car ce père (70 ans) s’est remarié avec une jeune femme déjà mère. Celle-ci a toutefois disparu dans Tokyo. Daisuke va ainsi voir son père et son nouveau frère envahir son « château », mais aussi son voisinage.

Kazoku no KatachiKazoku no Katachi - Ueno Juri
Kazoku no Katachi - Ueno JuriKazoku no Katachi

Je dirais que la série peut se décomposer en deux temps de cinq épisodes. Les cinq premiers m’ont assez peu convaincu, c’était sympa, mais l’ennui affleurait parfois lors du visionnage. Puis les cinq derniers épisodes ont apporté beaucoup. Les personnages étaient finalement tous présentés, et chacun commença alors à évoluer d’une manière intéressante sans pour autant trahir l’esprit de la série. Daisuke ne va devenir l’opposé de lui-même, ni Hanako. Tant mieux, leur évolution est plus subtile (et aussi un peu dépendante de leurs parents ; Hanako a aussi vu arriver chez elle sa mère). Le rapprochement entre Daisuke et Hanako, qui s’avère la conclusion évidente dès le premier épisode, est bien amené, et cela jusqu’à la fin. J’ai d’ailleurs trouvé la conclusion assez marrante, par sa présentation, elle est à l’image de ce duo atypique.

Simple, mais efficace.

Bref, Kazoku no katachi, peut-être assez mal propulsé, finit par devenir vraiment sympathique. Son point fort, c’est bien son approche du genre romantique, nos deux trentenaires sont blasés de l’amour, leur innocence est bien loin. Mais malgré cela, surtout pour Daisuke qui est le plus blasé et centré sur lui-même, ils restent deux bons héros que j’ai finalement apprécié suivre.

Kazoku no KatachiKazoku no Katachi - Ueno Juri
Kazoku no Katachi - Ueno JuriKazoku no Katachi

Sumika Sumire

Ça fait un peu peur...
Le second titre est Sumika Sumire (スミカスミレ 45歳若返った女, 8 épisodes diffusé sur TV Asahi, entre février et mars 2016). Cette série me faisait peur… à cause de son affiche. Le scénario est assez étrange aussi. Sumika qui vient de perdre sa mère à 65 ans, se rend compte de son malheur : elle n’a jamais connu l’amour. Elle va pleurer son désespoir et, une nuit, un chat mystérieux apparaît et lui offre l’opportunité de « rajeunir » pour vivre une seconde fois ses 20 ans, et découvrir l’amour. Ah, pourquoi pas.

L’histoire est pleine de bons sentiments, de personnages et de péripéties classiques. Mais ça marche bien. Le fait que Sumika, devenue Sumire, retrouve son âge « normal » entre 11h du soir et 1h du matin apporte un certain suspens et quelques rebondissements maintiennent un certain rythme. A côté de Sumire, le personnage le plus intéressant est bien Rei, ce chat (devenu humain entre temps) ; il interprété par un bon Oikawa Mitsuhiro ; Rei sauve plus d’une fois la série d’un classicisme parfois un peu trop marqué, voire pesant. On appréciera ou non cette touche fantastique, mais dans l’ensemble, je trouve que ça passe bien. Parlons rapidement du prince charmant : Mashiro Yuusei (joué par Machida Keita). Humm. Bah, il est là et tient son rôle, mais il reste bien transparent ; on aurait pu mettre n’importe qui d’autre que cela n’aurait pas changé grand-chose.

Sumika SumireSumika Sumire
Sumika SumireSumika Sumire - Kiritani Mirei

Reste que quand même une chose qui m’aura perturbé jusqu’à la fin… Cette voix-off. Quand Sumire est « jeune », lorsqu’elle pense, c’est sa voix âgée qu’on entend ; ce décalage entre ce visage jeune et cette voix, c’est perturbant. Cela atténuait un peu le charme de l’actrice Kiritani Mirei qui, je le reconnais amplement, participe beaucoup à l’intérêt qu’on peut avoir pour cette série. 

Au départ, j’avais commencé ce drama pour voir une autre série dans laquelle Kiritani Mirei joue. Je suis globalement satisfait, mais aussi renforcé dans ma première impression (à la suite de Suki na hito ga iru koto) : c’est une bonne actrice… pour des séries type romance et comédie romantique. Après avoir regardé un peu son CV, il semble plus difficile de trouver une (bonne) série dans laquelle elle a joué un rôle important et qui ne soit pas (qu’)une romance. Je suis quand même curieux de trouver un drama plus « sérieux », dramatique ou je ne sais quoi, où elle pourra mettre plus en avant ses talents d’actrices plutôt que son seul charme féminin. Si vous avez des conseils, je suis preneur.

Sumika SumireSumika Sumire - Kiritani Mirei
Sumika Sumire - Kiritani MireiSumika Sumire

Cela fait deux séries bien sympathiques que j’ai enchaînées assez rapidement. Cela fait aussi deux romances intéressantes à comparer, car elle offre deux approches différentes. La première, Kazoku no Katachi, aborde cette thématique d’une manière plus mature, contrairement à Sumika Sumire qui est bien plus naïf sous tous ses aspects (ou presque).
Cela se reflète par ailleurs par l’âge des protagonistes… Alors, oui, reconnaissons que c’est étrange de dire ça quand on connait le vrai âge de Sumire. Mais, dans les faits, cette dernière, sentimentalement, est bien présentée comme une jeune femme dans sa vingtaine qui fait toujours preuve d’une naïveté presque « adolescente ». Dans Kazoku no katachi, les deux protagonistes ont 32 et 39 ans, et ils ont chacun leur propre expérience, Hanako ayant même été déjà mariée et divorcée. Leur conception de l’amour, de la vie à deux est totalement à l’opposé de celle dont rêve innocemment Sumire. Il en faut pour tous les goûts, et si j’ai préféré Kazoku no katachi, plus intéressant, je ne peux nier que j’ai également bien apprécié Sumika Sumire, bien aidé par une Sumire naïve mais attachante.

vendredi 3 février 2017

[J-Drama] « Suki na Hito ga Iru Koto », une chouette romance mais de l’agacement

Sukina Hito ga Iru KotoJe vais m’attarder aujourd’hui sur un drama japonais de 2016 : Suki na Hito ga Iru Koto (好きな人がいること, 10 épisodes diffusés pendant l’été sur Fuji TV). J’ai découvert cette série sur le blog dramatik, avec leur billet bilan de 2016. La critique positive et les visuels m’ont encouragé à la regarder. J’ai bien fait. On peut le considérer comme un très bon drama dans son genre… Sauf, qu’il y a un « mais ». Je reviendrai plus longuement sur ce point dans un second temps.
Synopsis : Sakurai Misaki s'est toujours concentrée uniquement sur son travail de pâtissière, mais la voici licenciée... Elle croise alors son premier amour, Shibasaki Chiaki, qui lui propose de travailler à mi-temps dans le restaurant familial et de loger chez lui le temps qu'elle trouve une situation plus stable. Ce qu'elle n'avait pas réalisée, c'est qu'elle devra également cohabiter avec les deux petits frères du jeune homme, Kanata et Toma. (Icotaku)

Il s’agit d’une petite romance estivale sur fond d’un triangle amoureux. La rencontre entre la jeune pâtissière au chômage Misaki et Chiaki n’est qu’un prétexte pour amener à l’essentiel : celle-ci va se retrouver à vivre dans la même maison que trois frères. Oui, trois. Évidemment, les sentiments vont rentrer dans la partie, avec Chiaki, mais aussi Kanata. Sur ce deuxième, ce n’est pas tellement un spoiler, les indices sont mis en avant dès le premier épisode. Le téléspectateur est très vite mis en alerte.

Sukina Hito ga Iru Koto - Kiritani MireiSukina Hito ga Iru Koto
Sukina Hito ga Iru KotoSukina Hito ga Iru Koto

Misaki veut tomber amoureuse et elle a croisé, par hasard (ce bon petit M. Hasard) Chiaki, son amour de jeunesse. Chiaki, c’est l’aîné, il est la tête pensante des trois frères et aussi le gérant du restaurant familial ; gentil, il essaye d’être attentif avec tout le monde et il se sent responsable vis-à-vis de ses deux frères. Parfait, presque. Le premier, Kanata est l’opposé de Chiaki : il est taciturne et égoïste, sauf en ce qui concerne ses propres frères, à côté c’est aussi un excellent chef cuisinier ; il verra d’un mauvais œil, dans un premier temps, l’arrivée de Misaki, mais on comprend très vite que ce personnage va jouer un rôle central dans la série. Le dernier de la fratrie, Touma, semble toujours de bonne humeur, mais il souffre d’un complexe du petit-frère ; toujours sous la protection de ses deux aînés, on va dire qu’il a toujours un pied dans l’adolescence.
Au final, Misaki occupe bien la place centrale et c’est sa relation avec les trois frères qui va structurer la série. Chiaki dont elle est tombée amoureuse, Kanata avec lequel elle va devoir travailler tant bien que mal à la cuisine du restaurant, et Touma qu’elle va voir rapidement un peu comme un petit-frère.

Sukina Hito ga Iru Koto - Kiritani MireiSukina Hito ga Iru Koto
Sukina Hito ga Iru KotoSukina Hito ga Iru Koto
Sukina Hito ga Iru KotoSukina Hito ga Iru Koto - Kiritani Mirei

Le tableau dessiné est ainsi très classique, mais il marche très bien. Le rythme est là et on ne s’ennuie jamais. Le dynamisme de Misaki est un véritable atout pour la série et il est bien utilisé ; on constate très vite qu’elle apporte beaucoup à ce trio masculin qui avait clairement besoin de cette présence féminine pour évoluer (et faire face à leurs problèmes).

Kiritani Mirei, l’actrice qui joue Misaki, est pour moi une véritable révélation, elle est pétillante et apporte beaucoup de fraîcheur à son personnage et à la série. Les trois acteurs principaux, Miura Shouhei (Chiaki), Yamazaki Kento (Kanata) et Nomura Shuuhei (Touma) font leur job mais ils n’arrivent pas au niveau de leur camarade. 

Le drama est plutôt bien réalisé, le scénario est bien rythmé, les différentes péripéties de notre quatuor s’enchaînant bien avec de beaux moments tantôt touchants, tantôt drôle (par exemple, avec l’amie de Misaki, il y a des échanges au téléphone vraiment marrant). C’est très efficace, on ne peut pas dire le contraire. J’ai beaucoup aimé la piste principale (chantée par JY) de la bande son, très solaire, elle met de bonne humeur et colle parfaitement à l’ambiance générale.


Alors, certes, oui, des choses m’ont fait gentiment sourire, mais elles sont symptomatiques de ce type de romance. Par exemple, j’ai rapidement arrêté de compter les plans où, soit Misaki, soit Chiaki, soit Kanata courent… Leur endurance est parfois sacrement impressionnante. Ça fait partie des lieux communs des romances, même si ça me fait toujours sourire.

Vue ainsi, on pourrait dire que j’ai beaucoup aimé ce drama. Oui, franchement, c’est le cas. j’ai dévoré les épisodes. Sauf, comme je le disais, il y a un « mais… ». Ce « mais », il s’appelle Kanata… Le deuxième de la fratrie, le chef du restaurant est un mec taciturne comme pas possible. Son personnage cristallise la grande majorité des critiques que j’aurais à faire à la série. Bon, pour ceux qui n’auraient pas vu Suki na Hito ga Iru Koto, sautez la suite de cette critique et allez directement à la conclusion, je vais spoiler ici ! 

Sukina Hito ga Iru KotoSukina Hito ga Iru Koto
Sukina Hito ga Iru KotoSukina Hito ga Iru Koto - Kiritani Mirei

 … Vous continuez à lire ? C’est parti alors.

Bon, dès le début de la série, on comprend que ça ne va pas être si simple. Certes Misaki est tombée amoureuse (trop rapidement) de Chiaki, mais avant même l’arrivée de celle-ci dans sa maison, on rencontre un autre gars qui va se moquer d’elle gentiment à la plage. Peu après, on apprend qu’il s’agit en réalité du frère cadet de Chiaki, Kanata. Très rapidement, la série – parallèlement à la relation entre Chiaki et Misaki – met l’accent sur la proximité grandissante entre Kanata et Misaki, malgré le sale caractère de celui-ci. À ce moment, ça colle très bien, même plus que bien. L’ensemble est bien amené, c’est joli, parfois même touchant, bien plus avec Kanata que Chiaki qui est bien trop lisse pour être réellement intéressant.

Sukina Hito ga Iru Koto - Kiritani Mirei
Sukina Hito ga Iru Koto - Kiritani Mirei
Bref, vous comprenez : Kanata va être amené à prendre la place de Chiaki dans le cœur de Misaki, et cela de manière très naturelle. Avec Chiaki, c’était soudain et c’était un amour qui reposait sur rien de vraiment solide ; avec Kanata, c’est un amour plus solide qui s’est construit progressivement. Rien à y redire, si ce n’est ces pics de colère, du (faux) je-m’en-fout-isme de Kanata. Mais, à ce moment, je tolère, je m’attache à ce couple du fait de quelques (très) jolies scènes (en général leurs escapades, comme avec le bateau et le coucher de soleil, le passage de l’hôpital, etc.).

Puis, il y a eu la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Les deux derniers épisodes. Misaki fait d’abord face à un Chiaki qui se rend compte qu’il l’aime. Ceci complique fortement les choses, du côté de Kanata qui s’était déjà déclaré, mais aussi de Misaki qui, maladroite et peu sûre d’elle, est désormais perdue. Ça passe, car c’est sauvé par quelques beaux moments, mais les dents commencent à grincer. Et après, on a surtout Kanata qui se la joue bon prince pour donner à Misaki la chance d’aller apprendre la pâtisserie à l’étranger… Toutefois, à ce moment-là, il devient réellement exaspérant, énervant. Je vais éviter de tout dévoiler (au cas où), mais disons qu’il va devenir exécrable avec Misaki alors qu’elle s’était déclarée à lui à son tour. Ce baiser dans le restaurant, j’ai beaucoup aimé… Après, c’est la catastrophe. Mais je vais arrêter là de détailler les événements, pour masquer si cela est encore possible mon agacement.

En fait, une chose aurait pu tout sauver, un « désolé/pardon » à l’aéroport (oui, on a droit au bon classique du « je cours à l’aéroport dire pour que je t’aime »), le montrer en train de s’excuser, même brièvement – pour la forme, au moins ! –, mais non rien. Rien. Non rien. Rien du tout. Et Misaki, amoureuse, accepte, évidemment, et ils sont heureux, s’embrassent avec amour et tout et tout. On nous offre une jolie conclusion de conte de fée avec une belle et naïve princesse et une bête… très énervante et dont le charme s’est évaporé comme par magie. Vous l’aurez bien compris, Kanata, ça ne passait alors plus. Ce couple qui partait sur de belles bases, avec de beaux passages qui ont fait vibrer ma corde sensible… Et patatras…

Il y a d’autres choses qui sont relativement peu travaillées, qui auraient pu apporter du bon à la série, sans que ce soit réellement le cas au final. L’histoire avec Kaede était pour moi plus un problème au scénario qu’un élément positif à sa construction. Pareil, la révélation du secret de famille n’aura pas servi à grand-chose… si ce n’est à développer un des meilleurs passages entre Misaki et Kanata. Le gars en limousine qui veut racheter le restaurant, mouais, pour ça au final ?
Mais, ce n’est pas très important, l’essentiel restait ce triangle amoureux et ça fonctionnait bien… jusqu’à que ça casse dans ma tête. Kanata.

Sukina Hito ga Iru Koto

Pour conclure, il le faut quand même, Suki na Hito ga Iru Koto est un drama vraiment chouette. Je ne peux pas renier le fait que j’ai adoré le suivre. Misaki est particulièrement attachante ; cette série m’aura au moins permis de découvrir l’actrice Kiritani Mirei. Alors, oui, j’ai aimé les 8-9 premiers épisodes (soit 90% de la série), mais qu’est-ce que j’ai pu rager après… Je suis généralement assez conciliant, mais, là, ce Kanata. J’ai rarement autant ragé devant un personnage dans un J-drama. Et, il se pourrait que cet avis soit assez minoritaire quand on voit certains classement des dramas de 2016. Peut-être qu’avec plus de recul, cette impression personnelle s’atténuera. Car, c’est bien dommage au final, je reste sur ce sentiment désagréable qui a tendance à gâcher mon impression générale sur une série qui est pourtant bien réjouissante et rafraîchissante.

dimanche 15 janvier 2017

Des J-dramas en voilà : « Summer Nude » et « Dr. Rintaro »

Petite innovation, si on peut dire ainsi, ce billet de traitera pas d’un seul j-drama, mais de plusieurs séries, Summer Nude et Dr. Rintaro, que j’ai regardées récemment, avec des critiques plus concises. C’est parti.

Summer Nude

Summer Nude - j-drama
Ah, Summer Nude, j’avais quand même assez mal jugé ce drama (11 épisodes diffusés pendant l’été 2013 sur Fuji TV). La première fois, quand j’avais vu l’affiche et les premières images, j’avais préféré… fuir. Imaginer Yamapi torse nu entouré de filles amoureuses, tous courant joyeusement sur la plage et s’éclaboussant… Euh… Non.

Summer Nude est une romance japonaise dans les règles de l’art qui ne surprend pas ; je t’aime, moi non plus, j’avance pour reculer juste après et tout et tout. Tout y est. Pas de souci. Vous ne serez pas perdus. La fille, Hanae, attend 10 ans que l’homme de son cœur, Asahi, réponde à ses sentiments, normal ; le gars et photographe, Asahi (Yamashita Tomohisa, alias Yamapi donc) reste toutefois bloqué, devant son panneau publicitaire durant 3 ans, et attend la fille qui l’a quitté revienne (celle sur le panneau), no problem. Reste toutefois le personnage de Natsuki (jouée par Karina), une cuisinière engagée dans le resto de la plage, qui brouille (légèrement) les pistes et qui par son franc-parler va bousculer un peu tous ces bons petits sentiments. 

Summer Nude - j-drama
Summer Nude - j-dramaAu final, Summer Nude n’est pas ce que je croyais. C’est loin d’être une perle, mais c’est une romance suffisamment bien ficelée pour être intéressante et parfois même réussir à surprendre. Par exemple lors du feu d’artifice, avec le choix de Hanae, certes ce ne fut pas subtil, mais suffisamment efficace pour relancer la série.

Toda Erika, Hanae, m’a ici bien plu. Yamapi lui aussi s’en sort bien en tant qu’Asahi, alors que je trouve qu’il manque souvent de naturel dans son jeu d’acteur. Ça passe bien dans les séries humoristiques, mais dans des romances ou drames, bien moins. Toutefois, je trouve que les années passant, Yamapi s’améliore. Le meilleur de la bande, ça reste quand même Katsuji Ryou qui jouait le personnage de Takashi, l’ami d’Asahi. L’essentiel de l’aspect humoristique de la série reposait sur ses épaules, et il s’en sortait très bien. Son personnage est certes sans surprise, il y a toujours le « bon ami fidèle et rigolo » dans les romances japonaises, mais il fait ici très bien le job. Ah si, l’autre élément drôle de la série : les deux jeunes tourtereaux qui s’aiment, une vraie pièce burlesque au sein de la série. Quand le frère rockeur débarque, c’est du grand n’importe quoi (dans le genre idiotement drôle).

Très chouette musique !

Bref, Summer Nude, c’est une série sympathique à glisser entre deux dramas, c’est léger et agréable. On profite de la plage, du soleil, de bons plats à manger avec les yeux, on rigole un peu, on s’attache aux personnages, on les regarde évoluer et les 11 épisodes passent très vites.

Summer Nude - j-drama

Dr. Rintaro

Dr. Rintaro - jdrama
Dr. Rintaro est un J-drama du printemps 2015 (10 épisodes, sur la NTV) que j’avais remarqué à sa sortie car Sakai Masato y tient le rôle principal. C’est un de mes acteurs préférés, ses prestations sont régulièrement marquantes, comme dans Hanzawa Naoki ou Legal High. Il joue ici le rôle du psychiatre Hino Rintarô, un médecin très doué (et jalousé) et proche de ses patients. Une nouvelle fois, cet acteur ne m’a pas déçu. 

Dans cette série, le Dr. Rintarô va être amené à rencontrer une geisha, Yumeno, à la personnalité très étrange qu’il tentera d’aider. Cette dernière est jouée par Aoi Yuu et je dois dire que c’est son personnage que j’ai préféré dans ce drama. En réalité, Yumeno a une personnalité fortement marqué par son passé difficile et douloureux (quelle mère…) ; Aoi Yuu actrice alterne très bien entre les différentes facettes de son personnage, particulièrement attachante en tant que « Akira » et hypnotique en tant que « Yumeno ».

Dr. Rintaro - jdramaDr. Rintaro - jdrama - Sakai Masato
Dr. Rintaro - jdramaDr. Rintaro - jdrama

Le scénario n’a rien d’extraordinaire, il est même parfois assez peu intéressant (par exemple, tout ce qu’il a autour du directeur de l’hôpital). Parallèlement, le docteur Rintarô est bien trop parfait comme médecin, heureusement que c’est Sakai Masato derrière ; son très bon jeu d’acteur compense la relative faiblesse de son personnage. C’est bien les liens de celui-ci avec Yumeno qui font tout l’intérêt du titre et qui le rendent agréable.
En fait, j’ai surtout eu comme une impression d’absence d’ambition pour cette série, comme si on avait estimé que le duo d’acteurs principaux suffirait ; d’un côté, c’est vrai, ça marche bien, de l’autre, on sent nettement des manques. On est au final jamais pleinement surpris, mais ça se regarde assez bien, suffisamment pour avoir fini la série en trois jours



Je pense que j’écrirai d’autres billets de ce genre. Régulièrement, je n’ai pas le courage ou le temps pour écrire une critique bien plus complète pour des séries qui m’ont moins marqué ou pour lesquelles j’ai moins de chose à dire. En fait, mes billets J-dramas doivent laisser penser que j’aime tout ce que je regarde (ce qui n’est pas totalement faux… peut-être, j’avoue), mais en fait, je fais pas mal le tri en amont, je ne regarde que celle je pourrais possiblement aimer ; parmi celles-ci, les moins marquante, j’ai tendance à moins en parler, sur ce blog également. Écrire des critiques plus synthétiques et les regrouper me permettra peut-être de pallier à ce déséquilibre (et d’alimenter le blog plus souvent).

mardi 10 janvier 2017

[J-Drama] « Nigeru wa Haji da ga Yaku ni Tatsu », une tendre et touchante danse

Nigeru wa Haji da ga Yaku ni Tatsu (逃げるは恥だが役に立つ ou We married as a job!) est un j-drama, adapté d’un manga du même nom de Umino Tsunami, qui a rencontré au cours de l’automne 2016 un petit succès au Japon. L’audience a été en constante augmentation jusqu’à atteindre 20% dans la région de Kanto lors de la diffusion du tout dernier épisode (sur 11 épisodes) sur la TBS. Il faut reconnaître que cette comédie romantique que j’ai dévorée ces derniers jours a beaucoup de qualités ; NigeHaji (la version courte du titre que je continuerai à utiliser ici) est pour moi un beau coup-de-cœur.

Résumé : Mikuri Moriyama a 25 ans, elle n’a ni petit-ami, ni emploi malgré son diplôme d’étude supérieure. Ne supportant plus de la voir déprimer, son père lui trouve un emploi de femme de ménage. Elle se retrouve donc à travailler chez Hiramasa Tsuzaki, 35 ans, célibataire et employé d’une grande entreprise. Mais une série d'événements les amèneront à se marier. (Icotaku)

Le résumé parle de mariage, mais il s’agit d’un mariage de circonstance et non d’amour, un mariage… professionnel (ce n’est pas tellement un spoil, c’est dans le premier épisode) ; il faudrait d’ailleurs plus parler d’un Pacs si on utilise un terme français (ce parallèle est même mentionné à une reprise dans la série). Une union peu commune qu’il faudra cacher à tout le monde. L’originalité de la série repose sur cet élément déclencheur plutôt original.

Commençons par le principal, et pas le moindre pour une comédie romantique : la force de ce drama, c’est évidemment son duo, son couple. C’est lui qui porte presque toute la série. Évidemment, dès le début, après leur rencontre puis cette demande en mariage, on comprend que ça va très rapidement évoluer. Et, franchement, je sais que je suis friand de ce genre de relation, mais le couple Mikuri et Hiramasa est totalement adorable. J’ai adoré les suivre, les voir se découvrir, à apprendre à connaître l’autre et ses maladresses. À apprendre à s’aimer tout simplement. Dans ce type de drama axé romance (en mettant les « dramas dramatiques » de côté), ce couple fait clairement partie de mon top 5, voire top 3. 


Je découvrais totalement Hoshino Gen (en tant qu’acteur) qui joue Hiramasa. J’étais au début un peu sceptique avec son personnage que je craignais être sans trop de relief, ah, et ce geste mécanique pour remonter les lunettes qui est souvent lassant dans les séries. Il avait à mes yeux plus le profil de chanteur que d’acteur (un chouette artiste par ailleurs). Et, au final, il m’a bien vraiment surpris et je me suis attaché à Hiramasa qui derrière sa faible estime de soi, ses (très fréquentes) maladresses surtout liées à son inexpérience est une personne vraie, profondément gentille et honnête – quand il arrive à exprimer ce qu’il ressent. La clé pour cela, pour qu’il se dévoile, c’est bien évidemment Mikuri et ses propositions des plus étranges.
Mikuri est jouée par la douce Aragaki Yui. Elle est juste parfaite pour ce type de rôle. Son visage respire de gentillesse et de tendresse. Elle réussit même à donner une certaine force et présence à son personnage qui, parfois malgré elle, réussit à faire céder des barrières. Alors oui, proposer un tel mariage comme travail rémunéré, c’est farfelu, mais ça fait partie du personnage de Mikuri, étrange, maladroite elle aussi – en fait, il se ressemble beaucoup tous les deux sur ce point – mais vraiment adorable et sincère.

Un point que j’ai fortement apprécié : l’axe scénaristique choisi pour la construction de la relation. Mikuri était le moteur, l’élément déclencheur, Hiramasa celui qui devait apprendre, comprendre, évoluer (sauf vers la fin). Mikuri change beaucoup, plus son amour évolue, mais c’est bien Hiramasa qu’on découvre, qui se découvre. Autre point positif : l’absence de rival. C’est une facilité scénaristique récurrente dans ce genre de romance ; on pense que ce sera encore le cas ici, mais non, la possibilité envisagée est balayée d’un revers de main assez rapidement. Tant mieux. Pareil, on nous évite intelligemment le drame conjugal après un épisode précis dans l’entreprise d’Hiramasa, vers la fin de la série ; il est utilisé à bon escient.

Le devenir de Mikuri et Hiramasa dépend seulement d’eux deux, s’ils parviennent chacun et ensemble à se construire comme un vrai couple, en apprenant à maîtriser leurs sentiments et s’aimer simplement. C’est bête dit ainsi, ça paraît évident, mais la force de NigeHaji s’est de parvenir à cela, doucement, par étapes successives, des étapes certes très étranges, mais délicatement et joliment. C’est ce qui rend ce couple d’autant plus adorable ! Je ne compte pas les scènes romantiques que j’ai adorées.

L’humour est quant à lui correctement dosé. On ne tombe pas dans le burlesque. On s’amuse plus des aventures peu communes de ce couple peu ordinaire, que de gags successifs qui masqueraient le scénario principal. Le but n’est pas de nous faire rire pour simplement rire, mais bien pour suivre avec bonne humeur la construction peu commune de l’amour entre Mikuri et Hiramasa. Et pour cela, j’ai adoré NigeHaji, j’ai adoré le couple Mikuri-Hiramasa.


Je me suis longuement étendu sur Mikuri et Hiramasa, mais on retrouve aussi tout un ensemble de personnages plutôt sympathiques. Parmi les plus importants, on peut nommer Yuri (jouée par Ishida Yuriko), la tante de Mikuri, qui tient pour elle le rôle de modèle et un peu de « nourrice ». Yassan (jouée par Mano Erina), l’amie de Mikuri, sa confidente.
Du côté de Hiramasa, on a ses collègues de travail qui ont des personnalités très différentes mais complémentaires : Kazami (joué par Otani Ryohei), un type assez sûr de lui et franc ; Numata (joué par Furuta Arata), le doyen du groupe, curieux, observateur mais qui a tendance aussi à se faire des films ; et Hino (joué par Fujii Takashi), le bon collègue rigolo et sympathique, l’archétype du gentil mari et bon père de famille. Il y a d’autres personnages (notamment les parents), mais la série tourne essentiellement autour du duo principal et, secondairement, de Yuri et Kazami. Si le casting est somme toute assez limité, ce n’est pas un défaut ; l’essentiel est là et chaque acteur tient bien son rôle et ils savent chacun alterner correctement les moments drôles, sérieux, voire touchant. Kazami est à ce titre de plus en plus intéressant.

Ce drama pose également des questions intéressantes sur la place de la femme dans la société japonaise. Les critiques sont plutôt diluées, mais les différents personnages féminins permettent de dresser un tableau de plusieurs cas de figure : Yassan, l’amie de Mikuri, est une jeune mère qui vient tout juste de divorcer, elle se retrouve seule pour élever son enfant et doit travailler pour cela. La mère de Mikuri est le bon exemple de la mère au foyer, mais un passage (plutôt marrant et bien ficelé) dans la série traite justement de la question de la place de son mari. Yuri est une femme de 49 ans célibataire, sans enfants et qui privilégie avant tout sa carrière dans une entreprise où elle doit faire face à hiérarchie très masculine. Mikuri est à cheval entre tout ça : même si c’est étrange comme situation, elle est au départ une employée, mais elle joue pour cela le rôle de femme au foyer. Il y a pas mal de dialogues autour de cette question de la place de la femme, dans la famille, le foyer, la société ou au travail. On loue alors le statut de la femme qui reste à la maison pour le bonheur de sa famille, mais parallèlement on félicite aussi celle qui souhaite travailler et se faire une place dans un monde professionnel très masculin. Il y a un certain jeu d’équilibre que je trouve très japonais : poser plus ou moins discrètement des questions, mais tout en évitant la polémique et en restant très policé.

Pour conclure, NigeHaji est pour moi une excellente série qui parvient à renouveler en douceur et avec le sourire le genre de la comédie romantique avec un duo – Mikuri et Haramasa – particulièrement attachant et différent des couples habituels, servi par deux très bons acteurs, Aragaki Yui et Hoshino Gen. Si j’ai découvert le second, cette série confirme mon affection pour Aragaki Yui qui excelle dans ce genre de rôle. J’ai quand même envie de mentionner pour finir la Koidance (dance de l’amour) basée sur le générique de la série (chanté par Hoshino Gen), avec sa chorégraphie plutôt rigolote sur une chanson qui colle parfaitement au drama. Il y a beaucoup de vidéo sur internet sur cette musique qui a eu un véritable succès auprès du public japonais. Si vous ne connaissez pas NigeHaji et que vous aimez les comédies romantiques, essayez, vous ne serez certainement pas déçus !