dimanche 8 janvier 2017

2016, mon petit bilan Japon

Ce blog est peut-être moins mis à jour depuis un certain temps (et c’est peu dire, même pas un billet en 2016), mais pour autant je n’ai pas cessé d’apprécier tout ce qui vient du Japon, des animés à la littérature en passant par les J-dramas ou la musique. 2016 a suivi mon évolution des années précédentes. Ma « consommation » a très fortement diminué, ou tout du moins elle continue sa mutation. En ce début de nouvelle année, l’envie de faire un petit bilan de 2016 m’a soudainement pris, d’autant plus que l’année passée a été marqué par un important changement dans ma vie avec la fin de mes (longues) études et le vrai début de ma vie professionnelle.

Cette mutation est surtout perceptible pour deux choses : les mangas, mes achats sont devenus anecdotiques avec seulement Amanchu! et Dimension W ; les animés, même si j’ai enchaîné quelques bonnes petites périodes, comme avec Love Live! en petit plaisir coupable (je n’ai pas essayé la dernière série en y pensant). Ce n’est pas tant que je trouve qu’il y a moins de bonnes séries qu’avant, que la qualité n’est plus là, par exemple Grimgar le Monde des Cendres et de Fantaisie (sur Wakanim) a été un véritable coup-de-cœur, c’était beau et touchant avec un très gros travail sur les personnages. En fait, le « besoin » de regarder des animés ou lire des mangas n’est plus vraiment là. Ce n’est devenu plus qu’un loisir parmi d’autres… lorsque j’ai le temps et lorsque d’autres choses n’occupent pas ce temps libre. Je ne fais désormais plus de marathon de visionnage, un épisode ou deux, de temps en temps, me suffisent amplement (Love Live! ayant été la seule exception en 2016, en lien au fait que je joue un peu au jeu sur mobile). Sans doute qu’en vieillissant nos goûts et besoins évoluent.

En fait, mon goût et mon attirance pour le Japon se sont réorientés – mais en suivant un processus qui n’est pas nouveau – vers d’autres facettes de sa riche culture. Tout d’abord, la musique. En ce moment, je suis sur une grosse période Sekai no Owari ainsi que frederic.


Mon grand malheur, c’est de rater tous les concerts en France (ma blessure pour la Japan Music Party ne s’est pas encore refermée… JAM Project quoi !). J’ai enfin les moyens d’en faire plus, mais je vis à l’étranger (dans un pays où ne viendront vraiment pas les artistes de la J-Music). J’ai quand même pu voir RioRio en juillet, lors d’un petit concert dans Paris, et ça c’était génial ; Hiiragi Rio est une jeune idol pleine de peps, vraiment adorable et proche de son public (même à manger au restaurant avec nous).


Une petite pensée pour tout ce qu’apporte et continue d’apporter Nolife (pensez à voter au J-Top !) malgré les difficultés de la chaîne ; je vous conseille vivement leurs trois derniers reportages J-music de Noël disponibles sur Noco (1, les clips de 20162, les concerts, 3, les nouveaux artistes).
Je suis loin d’être un spécialiste en musique japonaise, mais elle me plait et je ne m’en lasse aucunement, je suis sans arrêt surpris par sa richesse, par ce que peut offrir le Japon à mes oreilles.

La littérature japonaise reste encore un plaisir que j’affectionne beaucoup, mes lectures restant encore aujourd’hui presque exclusivement nippones. Je continue à éplucher petit à petit le catalogue d’Haruki Murakami, avec par exemple le dernier (en attendant le prochain en 2017) et chouette  «L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage » ; il y a juste « Chroniques de l'oiseau à ressort » que j’ai du mal à finir alors qu’il est pourtant bon. Takuji Ichikawa est un auteur que j’ai bien apprécié cette année, même si les deux romans que j’ai lus ne seront jamais dans une anthologie de la littérature japonaise : « Je reviendrai avec la pluie » et « Dis-lui que je l'attends » sont vraiment agréables à lire. Dans mes petits délires, je me suis aussi lancé pour une thématique chat pour les voyages en avion, « Le Chat qui venait du ciel » Takashi Hiraide était chouette et « 20 ans avec mon chat » de Mayumi Inaba, plutôt touchant.

Je disais précédemment que je ne ressens plus cet ancien attrait pour regarder de nombreux animés. Je suis actuellement en vacances et j’aurais pourtant le temps pour cela ; j’ai un peu regarder les news sur les nouveautés et rien ne me convainc de reprendre un abonnement pour les suivre. Inversement, dès que j’ai du temps libre (et la connexion internet, ce qui est devenu compliqué en fait), je continue à avoir envie à regarder des J-dramas et à aimer ça. Je n’en ai pas tant regarder que ça en 2016, mais j’ai eu quelques grosses séquences (comme en ce moment même) avec de très belles surprises. Pour quelques exemples, il y a le très bon Dr. Kotô (disponible sur Crunchyroll), une très belle chronique de ce médecin et de ses patients sur l’île qui m’avait fortement marqué ; je le conseille vivement ! Nodame Cantabile, autre gros coup de cœur, c’est une excellente série, par son humour et ses deux protagonistes principaux hauts en couleur ; j’ai dévoré ce drama, il ne me reste plus que le second film à voir. 2016, ce fut aussi la première année pendant laquelle j’ai revue pas mal de séries dont Byakuyakou, le superbe drama qui m’a fait tomber dans ce monde, ou quelques épisodes du très touchant Koukou Kyoushi 2003 avec ce superbe duo Ueto Aya et Fujiki Naohito. Je me suis relancé également dans l’hilarant Legal High ; Sakai Masato en avocat farfelu me fait toujours autant rire avec ses mimiques.
Je suis actuellement dans un gros marathon j-drama. Si Summer Nude était sympathique, c’est surtout Hirugao qui m’a marqué avec ses deux actrices sublimes: Ueto Aya et Kichise Michiko (ci-contre).
Pour cette dernière série, j’ai d’ailleurs testé la plateforme viki.com qui propose une expérience intéressante pour la réalisation des sous-titres (moins on trouve sur ce site bien plus de productions coréennes et chinoise que japonaises). Je préfère toutefois l’offre de Crunchyroll et regrette que celle-ci stagne faute de public…
Je regarde actuellement Nigeru wa haji da ga yaku ni tatsu (la série semble avoir rencontré un certain succès) avec Aragaki Yui et Hoshino Gen qui sont vraiment marrants à suivre. Si la motivation est là, j’essayerai d’écrire sur ces dernières séries dans les jours à venir (mais je ne promets rien~).

Pour finir ce petit tour 2016 et loisirs nippons, il reste les jeux-vidéo. Et il y a quand même eu quelques jeux marquant. Sur la pauvre Wii U moribonde (si ce n’est morte aujourd’hui… vivement la Switch !) et mésestimée, il y avait quand même Xenoblade Chronicle X, purée, quel jeu ! Après une bonne centaine d’heures de jeu, je ne l’ai pas encore fini, mais c’est un régal. Son scénario est régulièrement critiqué, mais je trouve qu’il tient bien la route. Puis, ces sensations, c’est quelque chose : lors des premières explorations, lorsqu’on découvre la joie de voyager avec son mécha, puis voler avec lui, à chaque fois, notre perception du monde de Mira, de ses différents continents, de ses créatures, en est bouleversée. Ce Xenoblade fait partie de mon panthéon des J-RPG.
Sur 3DS (une vraie pépite cette petite console), il y a Pokémon Soleil/Lune qui est à mes yeux une vraie révolution pour la saga ; il est beau, riche et son scénario bien mieux maîtrisé sans trop brider notre liberté de jeu. Stella Glow est un beau coup-de-cœur sur cette même console, un tactical RPG classique mais très efficace et servi par une belle bande son. Depuis Noël, je joue aussi à 7th Dragon III - Code: VFD qui prouve, s’il y en avait besoin, que la 3DS est encore riche en belles surprises.

Bref, 2016 n’est pas un cru particulièrement marquant. Cette année s’inscrit dans la continuité des précédentes. Si ce sont les mangas et animés qui m’ont réellement fait tomber dans le bain japonais, je m’en éloigne toujours un peu plus sans pourtant les abandonner. Je sais que je continuerai à prendre du plaisir devant un bon animé ou à lire un chouette manga. Tout évolue, comme ma façon d’occuper mes temps libres. Pour 2017, ce que je souhaite : aller à plus de concerts, ce qui sera malheureusement peu probable (si ce n’est juillet avec Japan Expo ou autour). Que le J-drama se développe de nouveau en France ; malgré les efforts faits, surtout par Crunchyroll (avec un beau catalogue), l’offre légale s’est essoufflée, certainement la faute à une demande malheureusement trop faible. C’est regrettable, la télé japonaise regorge de séries live qui pourrait plaire à de plus en plus de gens attiré par le Japon. Prendre plus de temps pour lire. Enfin bon, on verra bien de quoi sera fait 2017, et, pour l’instant, elle commence sous le signe du J-drama, ce qui est plutôt de bonne augure.

J’en profite également pour vous souhaiter une bonne année 2017 !

mercredi 4 janvier 2017

Et si Aria revenait en France chez Black Box Editions ? Dites-leur OUI !

Et si Aria revenait en France ?
Hier, je n'y croyais plus. Et depuis quelques temps déjà, je le reconnais. Mais l'espoir vient de renaître. En effet, la lumière pourrait venir de Black Box Editions.

En effet, Black Box vient de lancer une série de sondages auprès du public pour l'acquisition de quelques titres... et ARIA en fait partie, oui !
Je vous invite donc à lire le message sur leur page facebook et y réagir si vous êtes intéressés. 

Ce que propose Black Box, c'est la publication d'ARIA the MASTERPIECE, une version « deluxe » sortie en janvier 2016 qui regroupe les deux tomes d'Aqua et les 12 d'Aria, avec de nouvelles illustrations et des pages couleurs. La version française ne pourra pas être identique à celle japonaise (notamment au niveau des couvertures - info obtenue par @Noobenji), mais Black Box promet une édition similaire s'ils obtenaient la licence. Avec une nouvelle traduction, espérons-le aussi.
Toutefois, pour qu'une telle réédition du manga se concrétise, elle ne pourra se faire que si le public le demande, qu'il montre que cela ne sera pas un échec commercial assuré pour l'éditeur.
Rien n'est assurée (ni promis), mais avec le soutien des amoureux d'Aria, des curieux et plus généralement des amateurs de manga, pourquoi pas ?


Après tant d'années, j'ai du mal à y croire. Toutefois, si les gens répondaient à cet appel, Aria pourrait revenir en France. Et ça, ce serait juste génial, ce serait même un miracle après tout ce temps.
N'hésitez donc pas à vous manifester auprès de Black Box, de répandre la bonne parole autour de vous. Et si l'espoir se transformait en réalité, achetez et lisez encore et encore ce magnifique manga de Kozue Amano qu'est Aria !

dimanche 22 novembre 2015

« Ouroboros », que reste-t-il après sa vengeance ?

Ouroboros -  ウロボロス
Aujourd’hui, j’ai envie de parler d’un j-drama qui a eu un certain écho en début d’année : Ouroboros (de son titre complet Ouroboros ~ Kono ai Koso, Seigi, ウロボロス~この愛こそ、正義。). Les dix épisodes de cette série furent diffusés entre janvier et mars 2015 sur la chaîne TBS. Un bon casting, une histoire haletante, c’est une série qui devrait plaire aux amateurs de thrillers japonais.
Ryûzaki Ikuo et Danno Tatsuya, deux orphelins ayant grandi ensemble, ont choisi deux modes de vie complètement opposés. Alors qu’Ikuo est devenu un policier émérite, Tatsuya a usé de son intelligence pour se hisser à la tête d'un gang. Malgré leur train de vie différent, ils sont toujours en contact et à la recherche de la vérité sur le meurtre de Yûiko, leur tutrice à l'orphelinat, qui s'est déroulé 20 ans auparavant. (D'après Icotaku)

Ouroboros -  ウロボロスOuroboros -  ウロボロス
Ouroboros -  ウロボロスOuroboros -  ウロボロス

Concernant l’histoire, il n’y aurait pas spécialement beaucoup à y redire. Si le point de départ est assez classique (mais plus ambitieux dans son développement), son scénario sait très maintenir en haleine le spectateur. On ne nous dévoile que petit à petit les clés de l’intrigue. La rencontre (généralement significative d’une confrontation) avec chaque personne concernée par les événements d’il y a 20 ans, apporte à chaque fois des éléments. Chose importante aussi, Ikuo va progressivement retrouver la mémoire. Le choc émotionnel du meurtre de celle qui fut pour lui comme une mère l’avait conduit à oublier les éléments qu’il avait vécus et vus, notamment les coupables. Tatsuya n’était arrivé que dans un second temps sur la scène du crime, Yûiko, étant alors déjà décédée ; ce « retard » lui pèse énormément. Tatsuya tenait à elle encore plus qu’Ikuo.

La situation initiale de la série présente une histoire déjà relativement bien avancée en fait. Ikuo est devenu un policier reconnu, c’est l’as de son bureau. Tatsuya est un yakusa en pleine ascension dont les talents sont reconnus par ses pairs. On nous laisse donc imaginer ce qui s’est passé durant ces 20 dernières années, on ne nous en dit même que très peu, voire quasiment rien. C’est peut-être d’un côté dommage, mais cela permet au récit de ne pas s’attarder sur des faits « passés ». Le seul qui a un intérêt, c’est bien l’assassinat de Yûiko-sensei et, dans le présent, il recherche encore les coupables. Pour les tuer. Il s’agit ni plus ni moins d’une vengeance, qu’importe le chemin à parcourir. Ikuo et Tatsuya, pour cela, cherchent à monter dans la hiérarchie de leur monde, l’un à la lumière, en tant que policier, l’autre dans l’ombre, en tant que yakusa, tout en collaborant.

Ouroboros -  ウロボロスOuroboros -  ウロボロス
Ouroboros -  ウロボロスOuroboros -  ウロボロス
Ouroboros -  ウロボロスOuroboros -  ウロボロス

Dans les faits, malgré cette situation initiale, le monde des yakusa ne serait presque qu’accessoire, si ce n’est au début de la série, celui-ci va être rapidement mis de côté partiellement pour suivre ce qui se passe dans la police dont les têtes pensantes jouent un double-jeu terrible. Contrairement à ce que l’on pourrait penser au départ, les yakusa en fait ici ne représentent aucunement une menace directe – ils deviennent même parfois des victimes de ce conflit. La face sombre de cet univers, c’est bien chez les policiers qu’on la retrouve. Il y a un réel déséquilibre entre ces deux mondes alors qu’on nous présente au départ un découpage égal avec les deux protagonistes principaux représentant chacune de ces deux moitiés. Ce n’est pas réellement un défaut, mais c’est une réelle (et rapide) évolution dans l’histoire d’Ouroboros.

Je ne peux pas détailler plus l’histoire, je spoilerai trop rapidement les clés de l’histoire – ce qui serait fort regrettable pour ceux n’ayant pas encore vu la série –, mais je n’ai noté aucun réel soucis dans son déroulé. Si ce n’est un gros ; il ne m’est apparu cependant qu’après avoir fini la série. On ne peut que se poser la question « pourquoi ? », pourquoi ce flic (que je ne peux nommer) a attendu 20 ans pour essayer d’apporter une solution définitive à cette situation catastrophique ; il avait pourtant déjà la majeure partie des clés pour y mettre un terme ? Cette vengeance autodestructrice n’aurait pas eu lieu d’être !

Ouroboros -  ウロボロス - Ikuta Touma
Ouroboros -  ウロボロス - Oguri Shun
Le duo principal est joué par deux acteurs assez célèbres : Ikuta Touma, dans le rôle du flic Ryûzaki Ikuo, et Oguri Shun, dans le rôle du mafieux Danno Tatsuya. Au-delà de l’histoire qui, si elle est relativement très bien menée, est somme toute assez classique (autour du thème de la vengeance), c’est bien ces deux personnages qui donnent un réel intérêt pour la série.
Tatsuya est le leadeur, c’est lui qui a le dessus et on sent d’ailleurs très vite qu’Ikuo est plus fragile ; on peut par ailleurs penser que l’évolution de Tatsuya dans le monde des yakusa a eu un réel impact sur son caractère déjà plus marqué dès l’enfance. Oguri Shun excelle particulièrement dans ce rôle (il est même classe en yakusa) ; il m’avait déjà bien surpris dans Nobunaga Concerto. Ikuta Touma est bon, mais un cran en dessous ; avec lui, j’ai eu le même sentiment qu’avec le drama Maou, même s’il est bien meilleur ici.

Ouroboros -  ウロボロス - Ueno Juri
Ueno Juri (Sunao ni Narenakute) incarne le troisième rôle principal de la série : l’inspectrice Hibino Mizuki qui devint la partenaire d’Ikuo. Efficace et intègre, elle commence à avoir une réelle influence sur Ikuo dont l’attitude la questionne. Ce dernier deviendra pour elle assez rapidement plus qu’un simple partenaire. J’ai été plutôt séduit par le travail d’Ueno Juri qui sait donner un vrai relief à un personnage.
Mizuki a aussi un rôle important du fait de sa relation (compliquée) avec un autre policier, son père, Hibino Kunihiko dont on comprendra très rapidement qu’il a à voir avec ce meurtre, et peut-être plus.
Mizuki reste toutefois un personnage assez sous-exploité dans cette série et son importance reste en grande partie masquée par celle d’Ikuo et de Tatsuya, ce qui peut-être regrettable étant donné tout l’intérêt, elle aurait pu apporter plus à la série, surtout avec une telle actrice.
 
À noter aussi la très bonne performance de Takitô Kenichi dans le rôle de l’inspecteur Chouno Shinichi qui avait beaucoup de flair et de prestance. Je l’imaginais au début comme quelqu’un qui mettrait sans cesse des bâtons dans les roues de notre duo, mais il surprend très souvent. « Yûiko-sensei » est jouée par Hirosue Ryouko, une actrice que j’apprécie bien. Pour les deux enfants qui jouent les « jeunes » Ikuo et Tatsuya, chapeau ; les enfants japonais sont souvent de très bon acteurs quand même.

Ouroboros -  ウロボロス - Oguri Shun
Ouroboros -  ウロボロスOuroboros -  ウロボロス
Ouroboros -  ウロボロス - Oguri ShunOuroboros -  ウロボロス
Ouroboros -  ウロボロス - Ueno JuriOuroboros -  ウロボロス

Concernant la réalisation, je n’ai pas grand-chose à y redire ; c’est propre, la caméra accompagne bien l’action. Les musiques collent bien avec les différentes séquences, mais l’ost est plutôt, il n’en pas pou autant mémorable.


Ouroboros -  ウロボロスEn fait, si ce n’est l’attitude d’un policier bien précis qui est à plusieurs égards bien peu compréhensibles à mes yeux, voire problématique, Ouroboros n’a pas réellement de défaut. C’est un bon, voire très bon thriller qui sait parfaitement tenir le spectateur en haleine. Il est par ailleurs impossible de connaître le dénouement avant les derniers épisodes puisque les indices ne sont dévoilés que par intermittence. Les procédés utilisés d’épisode en épisode, surtout dans la première moitié de la série, sont relativement semblables mais très efficaces. La série s’accélère assez nettement à partir de l’épisode 6 pour devenir même parfois haletant. Le final est... terriblement prenant et dur ; l’émotion est forte.
Si vous avez l’occasion de voir cette série, n’hésitez pas, elle vaut le coup d’œil.

mercredi 11 novembre 2015

« Nobunaga Concerto », Nobunaga malgré lui

Nobunaga Concerto - 信長協奏曲
Une semaine et deux billets, que de folies sur ce blog. Je vais de nouveau parler d’un J-drama, avec le très bon Nobunaga Concerto, une série de Fuji TV diffusée entre octobre et décembre 2014 et qui est disponible, chez nous, sur la plateforme Crunchyroll. 

À la suite d’un étrange phénomène, Saburô est projeté dans l’ère Sengoku (une époque située entre le XVe et le XVIe siècle). Il rencontre un jeune homme malade, un certain Oda Nobunaga, amené à devenir l’un des plus grands seigneurs de guerre du Japon. N’ayant pas la force d’assumer cette fonction, Nobunaga demande à Saburô de le remplacer, d’autant que tous les deux se ressemblent d’une façon troublante. Avec ses connaissances du monde moderne, Saburô parviendra-t-il à unifier le pays ?
(Source : Crunchyroll

La série suit logiquement l’histoire du célèbre Oda Nobunaga ; on retrouve ainsi les principaux épisodes de sa vie et de sa marche vers le pouvoir, que ce soit avec les batailles, les liens politiques avec les autres daimyôs, mais aussi concernant des décisions politico-économiques comme la dissolution des associations de marchands qui étouffaient le commerce local. Généralement, en particulier dans la première moitié de la série, chacun de ces épisodes est abordé avec une certaine légèreté teintée de toute la naïveté de Saburô/Oda qui rêve de construire une société de paix, sans guerre. Mais la réalité du monde est tout autre.

En fait, tout au long des 11 épisodes, le glissement est bien perceptible, cette naïveté se transforme ; Saburô/Oda doit se rendre compte des limites d’une telle vision idyllique et les accepter, le choc est même parfois dur, que ce soit avec la violence des batailles, la douleur des trahisons. Nobunaga Concerto raconte à la fois l’Histoire du Japon, à sa façon, mais aussi l’histoire d’un personnage fictif, celui de Saburô qui doit gagner en maturité et s’accaparer du rôle d’un dirigeant qui est amené à un jouer un rôle capital, lors de la violente époque Sengoku.
Ce changement se perçoit très fortement au niveau de l’ambiance : on rigole beaucoup au cours des premiers épisodes, beaucoup moins vers la fin (malgré quelques passages plus légers et toujours bien amenés). Certaines séquences sont même dures, révoltantes. Saburô doit lutter contre cette noirceur du monde qui l’entoure. Mais il n’est pas seul ; ses actions lui auront fait gagner le cœur de ses conseillers, comme Tsuneoki (Tsune-chan), mais aussi le cœur de Kichô, l’épouse de Nobunaga. La relation entre elle et Saburô est par ailleurs vraiment plaisante et agréable à suivre.
Le seul point assez étonnant, c’est le peu d’insistance de la part de Saburô pour revenir à son époque, si ce n’est lors d’un court passage ; on peut imaginer que les divers rencontres avec « d’autres cas » l'ont amené vers une certaine résignation.

Nobunaga Concerto - 信長協奏曲Nobunaga Concerto - 信長協奏曲 - Oguri Shun - Nobunaga
Nobunaga Concerto - 信長協奏曲Nobunaga Concerto - 信長協奏曲
Nobunaga Concerto - 信長協奏曲Nobunaga Concerto - 信長協奏曲

Chose que j’ai beaucoup appréciée, c’est l’approche de l’Histoire. Je vais éviter la déformation professionnelle, mais malgré toutes les libertés prises avec la vraie Histoire, Nobunaga Concerto parvient à s’accaparer des principaux événements de la vie de Nobunaga pour en faire un ensemble cohérent, convaincant sans trop tordre le cou à la réalité historique. D’ailleurs, j’ai particulièrement adoré le traitement de Tokugawa Ieyasu, avec une très forte dose d’humour.
Un petit regret peut-être, c’est le manque de repère chronologique. Le seul véritable, c’est Oichi, la sœur de Nobunaga qui est marié au daimyô d’Asai (dont la relation avec Saburô/Oda est l’un des fils rouges le plus intéressant de la série) ; de ce mariage va naître trois filles que l’on voit grandir, tout du moins on le constate, surtout à la toute fin d’un épisode très marquant. Cela ne gène cependant pas trop le scénario, l’ensemble se s’enchaîne très bien.

Les Japonais sont plutôt bons pour la réalisation de dramas « historiques ». Les décors sont toujours soignés, et plus particulièrement encore les vêtements. Il est par ailleurs intéressant d’observer le style vestimentaire de Saburô/Oda qui suit très bien le développement du personnage, de son adaptation, tout en gardant une réelle particularité.
Si cette réalisation est réussie, j’ai juste regretté le manque de diversité dans les décors au sein du château du clan Oda. C’est récurrent dans beaucoup de séries de ce genre (encore que les taigas de la NHK doivent avoir des budgets bien plus importants), mais je l’ai plus ressenti ici. Les événements se concentrent autours de très peu de lieux : la salle du conseil, le petit jardin intérieur qui relie les appartements de Nobunaga et de Kichô, et l’extérieur se résume à l’entrée du château avec cette cour et la tour. J’imagine qu’il est extrêmement difficile (et coûteux) de multiplier ces décors. Ça n’altère en rien la qualité de la série, mais une plus grande diversité lui aurait peut-être donné encore plus d’ampleur.

Sur le plan musical, c’est ici également réussi ; on alterne entre des thèmes classiques, tantôt calmes, tantôt plus rythmés, voire épiques, et d’autres plus modernes ; tous accompagnent la plupart du temps de la meilleure manière possible chaque événement, chaque moment important en lui faisant gagner en intensité. 



Nobunaga Concerto - 信長協奏曲 - Fujiki NaohitoDu côté casting, il n’y a rien à redire. C’est presque un sans faute. Je retrouve par ailleurs plusieurs acteurs que j’affectionne beaucoup, notamment l’excellent et classe (!) Fujiki Naohito (Kokoro ga Pokitto ne, Last Cinderella, deux autres séries disponibles sur Crunchyroll ou Koukou Kyoushi 2003), dans le rôle du conseiller de Nobunaga, Takenaka Hanbee.
Nobunaga Concerto - 信長協奏曲 - Yamada Takayuki
Cela faisait longtemps aussi que je n’avais pas retrouvé Yamada Takayuki (Byakuyakô, Taiyô no Uta), ici dans le rôle d’un homme qui deviendra le célèbre Toyotomi Hideyoshi ; j’ai mis quand même beaucoup de temps à m’habituer à ce personnage obscure.
Nobunaga Concerto - 信長協奏曲 - Shibasaki KouCette série a été aussi l’occasion de retrouver Shibasaki Kou (Galileo), dans le rôle de l’épouse de Nobunaga, Kichô, que j’ai trouvé progressivement convaincante, essentiellement dans sa façon de montrer son attachement pour Saburô/Oda. Un beau couple.
Nobunaga Concerto - 信長協奏曲 - Mukai OsamuJe passerai sur plein de noms, on pourrait presque tous les mentionner, notamment Mukai Osamu dans le rôle d’Ikeda Tsuneoki, le frère de lait et vassal de Nobunaga ; je connaissais d’ailleurs assez mal cet acteur, il est plutôt bon.
Nobunaga Concerto - 信長協奏曲 - Oguri ShunNobunaga Concerto - 信長協奏曲 - Oguri Shun

Le principal acteur est le fameux Oguri Shun ; il est célèbre, même je l’avais vu dans assez peu de séries/films (notamment Hana Yori Dango, qui commence à dater en fait). Il joue deux rôles, les deux visages de Nobunaga, le vrai évidemment, mais donc aussi celui de Saburô, son double. Il est juste épatant. Il alterne avec brio des passages drôles, à la limite du burlesque parfois, tout autant que les séquences beaucoup plus graves, tristes ou éprouvantes. J’ai vraiment vécu son personnage de Saburô. Rien à redire : il fut excellent.

La conclusion de la série a le mérite de mettre l’eau à la bouche. On a droit à un retournement brutal avec le vrai Nobunaga qui montre alors son véritable visage. Personnellement, ce passage m’a bien surpris, même si plusieurs indices pouvaient le laisser envisager. Quoi qu’il en soit, la série, malgré cette fin très ouverte, laisse présager du très bon pour le film qui sera diffusé en 2016 (le 23 janvier). On se retrouve à la toute fin devant le sanctuaire Honnô-ji, lieu symbolique puisque, historiquement, c’est là qu’Oda Nobunaga sera poussé au suicide par... Mitsuhide Akechi. Pour ce dernier, je ne vais rien dire si vous n’avez pas encore vu cette série. J’imagine déjà quelques rebondissements éclatants avec un tel final ; j’ai vraiment hâte de pouvoir ce film !

Nobunaga Concerto - 信長協奏曲 - Oguri Shun - Nobunaga - Saburô

Vous aurez compris, j’ai aimé Nobunaga Concerto. J’ai même adoré, si ce n’est plus. C’est la curiosité qui m’a amené à commencer cette série, ainsi que son affiche sympathique et les divers avis positifs que j’avais pu lire. Au final, c’est une œuvre vraiment aboutie que Fuji TV nous offre et que Crunchyroll diffuse chez nous. C’est un j-drama qu’il faut voir, vraiment, et plus encore si vous aimez l’Histoire japonaise. Pourtant, sur le papier, c’était risqué, les écueils étaient nombreux et ils furent généralement très bien évités. Même, encore mieux, la série réussit à se transformer, à gagner en profondeur, aider grandement par une réalisation réussie, mais surtout par des acteurs convaincants et efficaces, Oguri Shun en premier lieu, mais pas seulement. Je le redis, mais j’ai vraiment hâte de voir le film, j’espère qu’il sera aussi diffusé chez nous. Nobunaga Concerto rejoint le panthéon de mes j-dramas préférés !

samedi 7 novembre 2015

« Arifureta Kiseki », un miracle ordinaire

Arifureta Kiseki - ありふれた奇跡
Et oui, ce blog existe encore. Disons que je n’ai pas eu l’occasion de m’en occuper ces derniers temps. Chose qui a changé cette semaine (dans le bon sens), je vais donc essayer de relancer un peu cette page personnelle pour reparler de choses qui m’ont plu. Et ce soir, ce sera J-dramas. Crunchyroll (Fr.) garnit, plus ou moins régulièrement, son catalogue de séries qui sont assez souvent bien plaisantes : j’avais regardé, il y a quelques mois, Biblia Koshodô no Jiken Techô et Kokoro ga Pokitto ne qui furent de bonnes surprises. Je parlerai toutefois ici d’une toute autre série : Arifureta Kiseki (ありふれた奇跡), ou Ordinary Miracles qui fut diffusé en 2009 sur Fuji TV.

J’ai enchaîné ces deux derniers jours tous les épisodes (11 au total). Cette série avait tout pour me plaire. Il s’agit d’une romance qui raconte la rencontre et l’histoire de deux jeunes gens, Tasaki Shôta et Nakashiro Kana, qui, un jour, sur le quai d’une gare, sauvent un homme, Fujimoto Makoto, qui allait se suicider en sautant sous un train. On apprend très vite que tous les deux avaient déjà essayé une fois de se suicider ; c’est la raison pour laquelle il avait compris ce qui allait se passer sur le quai de cette gare. Je ne vais pas trop spoiler leur histoire personnelle ; elles sont assez classiques mais touchantes et bien amenées dans le récit, avec quelques séquences fortes. Si la thématique du suicide est une thématique centrale de la série, très rapidement la série se concentre sur les raisons, plutôt que sur l'acte lui-même.

Arifureta Kiseki présente toutes les caractéristiques de la romance « à la japonaise », du moins celle que l’on retrouve souvent dans les J-dramas. Avec ses codes qui me plaisent souvent, mais qui peuvent m’agacer aussi parfois. Par la force du destin, ils se rapprochent, ils apprennent à s’apprécier, à se faire confiance, un amour naît, mais, rapidement, on va arriver dans la longue phase de l’accordéon : ils se rapprochent, s’éloignent, se brouillent, ressentent un manque avec l’absence de l’autre, etc. Et à côté, pour accentuer cet effet de va et vient, des éléments extérieurs interviennent, souvent la famille.

Arifureta Kiseki - ありふれた奇跡Arifureta Kiseki - ありふれた奇跡
Arifureta Kiseki - ありふれた奇跡Arifureta Kiseki - ありふれた奇跡

J’ai découvert deux acteurs intéressants : Kase Ryô dans le rôle de Tasaki Shôta et Nakama Yukie dans celui de Nakashiro Kana. En fait, je connaissais déjà la seconde, avec Gokusen (la première saison seulement), mais personnellement, j’avais trouvé cette série (et ses personnages) plutôt moyenne. Ensemble, ils offrent un duo convainquant, un couple que j’ai apprécié. On ressent la douleur intérieure tourmentant ces deux personnes qui se cherchent et qui essayent de cacher leurs problèmes à leur entourage. Leur rencontre pourrait leur apporter tout ce dont ils ont besoin ; on a envie de les voir ensemble (même si c’est compliqué...).
Parmi les autres personnages, je signalerai essentiellement Tasaki Shirô joué par Igawa Hisashi, le grand père de Shôta, qui donne une vraie présence à ce vieux monsieur au caractère bien trempé mais passionnant à suivre. Jinnai Takanori réussit bien dans son rôle de Fujimoto Makoto ; toutefois, à part quelques séquences, je n’ai jamais réussi à trouver son personnage aussi intéressant que le duo Shôta-Kana. Le retournement final pour Fujimoto est quand même un peu tiré par les cheveux, mais why not.

Sur la réalisation de la série, c’est classique et efficace. J’ai apprécié  la mise en scène des échanges réguliers d’email/sms entre les deux protagonistes principaux qui nous renseignent beaucoup sur eux et complètent bien les séquences filmés. Je regrette quand même ces gestions des transitions dans la série : les passages d’une séquence à une autre sont régulièrement bien trop brutaux. Ceci est encore plus marquant quand on a un fond musical, celui-ci est alors coupé de la manière la moins naturel possible. Parfois ce genre d’effet peu servir, mais ce n’est pas le cas ici.
Ce dernier épisode était assez bon. Mais c’est quand même dommage que notre couple qui a eu tant de mal à se former soit relégué au second plan, à la fin. Certes, on a eu avant droit à ce beau réveil devant lever de soleil. On nous met devant le fait accompli, on nous parle de mariage, on nous réuni les deux familles (reconnaissons que le discours du grand-père Tasaki est très bon).... mais les deux concernés s’expriment à peine. J’aurais aimé quelques images pour conclure la série, avec eux deux seulement ; même si la toute fin ferme très bien la boucle (pour Fujimoto).

Arifureta Kiseki - ありふれた奇跡Arifureta Kiseki - ありふれた奇跡

Bref, je ne vais pas écrire un roman. Arifureta Kiseki est un bon J-drama ; c’est une romance efficace qui réussit avec ce qu’elle propose, sans prétendre révolutionner le genre. J’ai vraiment bien aimé cette série. Le déroulement est classique, le scénario n’offre aucune réelle surprise – il n’y a que les deux travestis que je n’attendais pas –, et on devine assez vite la tournure que ça va prendre. Qu’importe, l’ensemble est bien raconté et servi par deux protagonistes très touchants qui, on le souhaite, vont trouver le bonheur.