mercredi 7 décembre 2011

"Ikigami, préavis de mort", un film meilleur que le manga ?

C'est une réelle question. Je me suis regardé Ikigami, préavis de mort ce weekend dernier. Ce fut une vraie bonne surprise. Ce film live est l'adaptation du manga du même nom de Matoro Mase (licencié tous les deux par Kazé en France). Le film est sorti en 2008 et il semblerait qu'il recouvre divers éléments des trois premiers tomes. Sur Paoru.fr, une interview (présent au Salon du livre 2011 à Paris) de l'auteur a récemment été posté.

Je n'ai pas lu le manga. J'ai regardé ce film à la base parce qu'on me l'avait offert, je connaissais le manga par sa bonne réputation, mais je n'avais pas été attiré plus que çà vers lui. Je suis donc parti sans aucun à priori. Je découvrais. Et quelle surprise quand j'ai commencé à me regarder ce film.

Que feriez vous
de vos dernières 24h ?

On est plongé dans un Japon plus ou moins futuriste et réaliste qui a retrouvé un dynamisme économique étonnant, un Japon qui est devenu la nouvelle grande puissance du monde... Mais à un prix : le sacrifice d'une partie de ses concitoyens. Tous les Japonais se font vaccinés lors de leur enfance, parmi eux, 1 sur 1000 mourra entre 18 et 24 ans.
Cette série d'anticipation présente ce pays fictif (mais qui parait si réel) sous un jour plus qu'étrange, elle nous plonge dans une ambiance étouffante, déroutante. Il est impossible de ne pas se poser quelques questions, impossible de ne pas se révolter devant cette absurdité. Le scénario avance en effet un postulat : on apprendrait à reconnaître la valeur de la vie seulement en ayant peur de mourir. Personne ne sait qui va mourir, tout le monde peut mourir, et si on survit après ses 24 ans, on voudra vivre au maximum et ainsi son pays en bénéficiera.

Fujimoto au boulot. Plus que 24h à vivre pour toi...
Parallèlement, le gouvernement japonais a créé une institution de messagers de la mort. Des fonctionnaires sont chargés de remettre un "ikigami" 24h avant la mort des victimes de cette politique. Un "ikigami", un "préavis de mort", en gros, l’État te remercie de mourir pour le bien de la société et pour ça t'as droit, pour ta dernière journée, à de fructueux avantages avant de mourir pour ta patrie (transport gratuit, restaurant illimité... Pension pour ta famille, sauf si tu commets un crime évidemment...). Ce fonctionnaire dans ce cas, c'est Fujimoto Kengo (joué par l'acteur Matsuda Shouta). Cependant, à la différence de nombre de ses collègues, il se pose des questions. Est-ce bien ? Est-ce moral ? Pourquoi ? Que dois-je faire ? Fujimoto se pose de plus en plus de question, ce qui devient dangereux (les "crimes de pensée" sont plus que sévèrement puni...), il va aller jusqu'à outrepasser ses droits. Matsuda Shouta a, à mon avis, plutôt réussi réussi son travail ; même si au final ce héros est assez absent (pour la raison que je vais expliquer après), on sent une réelle évolution et un personnage réellement affecté et troublé par ce qui se passe autour de lui, par ce qu'on lui demande de faire.


L'intérêt principal d'un tel scénario est de se poser soi-même des questions sur le sens qu'on donne à la vie. Je pense qu'il est impossible de ne pas réagir à une telle histoire, ahurissant. En çà, le film a rempli pleinement cet objectif à ces yeux. Je lui rajouterai une qualité : l'émotion qu'il a su transmettre.

Le film se divise en trois grands chapitres (j'en déduis un par tome du manga ?) : Fukimoto doit remettre des "ikigami" à trois jeunes gens. Ainsi, nous allons suivre comment réagisse trois personnes totalement différents. La problématique de l'histoire de trois façons différentes ; l'histoire repose essentiellement sur çà.


Le premier est un jeune musicien qui est enfin sur le point de réussir dans le monde de la musique. Le second est le fils d'une politicienne qui défend bec-et-ongle cette politique de l'intérêt national supérieur. Le troisième est le frère d'une aveugle, ils ont perdus leurs parents jeune et celui-ci cherche à assurer le futur de sa sœur. Ils vont tous réagir de manières différentes, leur entourage va aussi réagir face à cette sentence.
Personnellement, même si ces trois parties étaient globalement très bonnes, j'ai été énormement touché par la dernière avec en plus un acteur que j'aime beaucoup : Yamada Takayuki (qui avait joué aussi dans Byakyakou ou Taiyou no Uta pour des dramas que je connais... Depuis Byakuyakou, c'est même mon acteur japonais préféré !) qui a été réellement très bon !
J'ai trouvé toutes ces histoires assez bouleversantes : la séquence du concert à la télé du musicien, le moment de l'opération avec le trucage de toutes les heures. Je reconnais que j'ai eu beaucoup de mal à rester insensible aux émotions que transmettaient ces tragédies...
La force de ce film, la force de Ikigami, a été de savoir poser de vraies questions intéressantes à travers un scénario déroutant et étouffant tout en illustrant cela avec des exemples de vie assez bouleversante.

Est-ce que le manga fait aussi bien ? Est-ce que ce film surpasse l'original ? Je ne sais pas, du coup, je suis assez curieux et ça me pousserait à vouloir essayer cette version papier. Une seule chose me retiendrait, si le manga a une bonne réputation, un certain nombre d'avis, notamment d'amis qui le lisent, disent qu'il a du mal finalement à se renouveler. Huit tomes sont disponibles en France et l'histoire n'aurait pas encore décollé. Cela me parait étrange car justement le film se conclue d'une manière qu'il induit forcément un changement radical pour la suite.

2 commentaires:

  1. J'ai lu 8 volumes mais n'ai pas vu le film: oui on attend toujours une révolte du héros et/ou de la société, et une vraie réflexion pour sortir des récits des récipiendaires de l'ikigami, d'autant que ces derniers sont devenus prévisibles, moins touchants ou inspirés.

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  2. Je ne m'étais pas du tout intéressée à ce film malgré sa sortie en DVD en France et malgré son casting alléchant car en général je suis toujours très déçue par les adaptations de manga en film "live". Non pas que je sois allergique au passage du dessin aux vrais acteurs comme certains accros de la 2D (d'ailleurs rien que le terme "live" pour les adaptations m'énerve un peu ^^), c'est juste que généralement on n'a qu'un aperçu de l'histoire, la longueur d'un film ne convient pas pour adapter une oeuvre de plusieurs tomes.
    Mais d'après ce que tu dis, même si on n'a pas l'histoire entière, l'adaptation d'Ikigami a l'air mieux gérée, et ça donne assez envie ^^.

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