vendredi 16 décembre 2011

« Gate 7 », le dernier Clamp

Clamp est un de ces groupes de mangakas incontournables. Pour ma part, j'ai - depuis très longtemps - toujours été un grand amateur du travail de ces femmes, un fan même (sans pour autant aller jusqu'à me déclarer comme un spécialiste). Ça avait commencé au collège quand je regardais Sakura Chasseuse de Cartes à la télévision (mais je n'avais pas alors conscience de ce qu'était un "manga/animé"), je les ai réellement découvert bien plus tard avec Tsubasa RESERVoir Chronicle qui s'est très vite affirmé comme un de mes mangas préférés ! Depuis, j'ai lu pas mal de leurs séries (mais il me manque encore pas mal de leurs grands classiques comme Tokyo Babylon par exemple)... Et donc, forcément, je me suis intéressé à Gate 7, leur dernier né !


Gate 7 a été licencié par Kazé Manga pour la diffusion en France (joli croche-patte à Pika et Tonkam au passage). Le deuxième tome vient de sortir chez nous, là en décembre.
Il est encore assez difficile de se faire un avis sur cette nouvelle série. Mais autant le dire maintenant, j'aime beaucoup ; elle a commencé à poser une série d'éléments très plaisant pour l'histoire et toute une belle panoplie de personnages, beaucoup même, quitte à être un peu perdu - même si, comme j'y reviendrai, on connait déjà plein de noms.

Sur l'histoire qui nous est présentée, je n'ai pas trop envie de me prononcer. En plus, avec Clamp, on aura sûrement droit à pas mal de surprises qui feront que dans quelques temps, on sera loin de ce qu'on aurait pu imaginer (syndrome du tome 16 de TRC). En tout cas, en gros, deux camps semblent se former, et pour çà, le deuxième tome est beaucoup plus instructif, d'un coté l'Ura-Shichiken (Hane et ses compagnons) et de l'autre coté, Iemitsu et ses alliés, les premiers passant pour être les gentils, le second pour être le méchant, chacun ayant le même objectif (récupérer le corps de Nobunaga et son Oni surpuissant - une sorte d'esprit-démon ayant chacun des pouvoirs particuliers) pour schématiser à l'extrême. Sinon, on pourrait aussi se poser des questions sur le titre même du manga.

Ça, c'est fait !
Chikahito - le héros - me fait beaucoup penser à Watanuki de XXX Holic quand il avait débarqué chez Yuko. On peut leur retrouver pas mal de points communs dans leur caractère, mais aussi pour d'autres caractéristiques comme la cuisine (même si Chika a moins de talent). Puis, ils sont tous les deux des personnages aux potentiels insoupçonnés. Qu'il monde ses talents cachés, il le faudra de toute façon, sinon Chika pourrait rapidement se montrer assez, hmm, agaçant, s'il reste ainsi.
Ma préférence va évidemment pour Hana qui est diablement attachante par ses mimiques, son amour pour les ramens. Mais pas seulement pour cela, dans son design, ses regards, il y a vraiment quelque chose de très attachant et s’intriguant à la fois. Hana est sans doute avec Chika le personnage le plus prometteur pour la suite (même plus), à la différence qu'elle possède déjà de très grandes facultés (notamment pour combattre). Ils laissent planer un peu le doute sur le sexe de Hana, même si incontestablement c'est son coté féminin qui est vraiment mis en avant.
Sakura (marrant de voir que cette fois ci c'est un homme qui porte ce prénom chez les Clamp) et Tachibana ont suscité aussi mon intérêt ; il est d'ailleurs étonnant de voir que le premier est lié aux ténèbres et le second lié à la lumière, pourtant, du fait de leur caractère, on penserait direct le contraire. Ces deux là me font aussi un peu penser au duo Kerobero-Yue dans CCS. Quelques passages avec Tachibana m'ont rendu bien curieux ; Hana semble avoir aussi pour lui une très grande affection. 
Date Masamune... Ça casse le mythe (dit le gars qui a pensé direct à Sengoku Basara en voyant le nom... Comme pour Yukimura plus tard dans le tome 2, mais là, ça allait). C'est un mioche, un nerveux et raide dingue d'Hana. C'est d'ailleurs assez incroyable comment, de son coté, elle se laisse faire.
Enfin, voilà, il y a plein de personnages que j'ai trouvé plutôt voir très intéressants. Et ça, c'est bien pour donner envie de continuer.

J'ai aussi envie de souligner la beauté de ces couvertures, surtout celle du second tome qui est juste superbe (voir l'illustration tout au début du billet). A l'intérieur, c'est du Clamp, du beau Clamp. Personnellement, j'aime beaucoup leur dessin, je trouve leur coup de crayon vraiment beau - surtout ce genre là, je suis moins fan du style "ancien" ou qu'on peut régalement retrouver dans XXX Holic. Gate 7 ne déroge pas à la règle : c'est donc un régal pour les yeux. Je ferai juste un bémol pour l'usage peut être trop excessif du "tracing" pour les décors de Kyoto (comme les restaurants, places, etc.) ; elles n'ont pourtant pas besoin de çà.

J'ai apprécié dans le second tome, à la fin, le petit résumé historique sur la période de la guerre des provinces au Japon jusqu'à l'instauration du shogunat des Tokugawa. Pour ceux qui ne connaissent pas trop l'histoire japonaise, c'est une initiative qu'ils trouveront bien sympathiques. Ça permet ainsi à tout le monde de lier les personnages du manga aux personnages historiques.

Bref, il est difficile de partir dans de grands discours sur Gate 7, nous en sommes qu'aux balbutiements de ce nouveau manga. J'ai toutefois de grandes attentes pour lui, il y a déjà beaucoup de choses qui me plaisent. J'ai globalement été conquis par ces deux premiers tomes ! Clamp, encore une fois, ne m'aura pas déçu.

dimanche 11 décembre 2011

Mes premiers Dramas


Aujourd’hui, le temps que je réfléchisse comment je vais parler des deux saisons de Bloody Monday que j'ai finies hier (en une petite semaine), je vais juste faire un petit retour dans le passé en parlant (assez brièvement) des premiers dramas japonais que j’ai regardés. Séquence nostalgie donc. Parce que comme pour les mangas, les animés (j’en parlerai peut être un jour prochain), il y a eu un début pour ces séries télévisées japonaises.

Je passerai sur le fait que j’ai été plus ou moins conduit à voir souvent des portions d’épisodes, voir plus, sur l’ordinateur de ma sœur quand elle en regardait. Les premiers dramas que j’ai réellement regardés, de bout en bout, ce furent : Life, Kurosagi, Nabuta wo Produce et Hana Yori Dango (la première saison). Autant dire que j’ai commencé par quelques grands classiques de ce genre, ce serait presque comme dire que Naruto est notre premier manga (tous parallèles coté qualité étant exclues of course~).

Life. Sur les quatre séries dont je vais parler, c’est celle pour laquelle j’ai le moins de souvenirs précis. Cela est sans doute assez révélateur. Quand l’ai-je regardée ? Quelques temps avant Kurosagi (que je considère réellement comme mon premier drama, que j’ai regardé en tant que tel). Je l’ai visionnée surtout par curiosité : après en avoir vu pas mal de passages, du coin de l’œil, j’avais rattrapé mon retard pour regarder la suite avec ma sœur. Le drama en lui-même n’est pas extraordinaire, il traite en plus d’un thème assez répandu qu’est celui de la maltraitance à l’école, entres les élèves eux-mêmes (ce qui donne un coté encore plus sordide à ces affaires…). L’histoire consistait en une sorte de surenchère continuelle, un peu comme si on se demandait continuellement comment que demain peut être pire qu’aujourd’hui. En soi, lors du visionnage, c’est paradoxalement assez accrocheur, ça révolte, on veut savoir le fin mot de cette histoire, on veut que ça s’arrange. La conclusion pourrait se résumer avec le proverbe de l’arroseur arrosé. L’histoire de ce coté est plutôt bien maitrisée, mais maintenant, avec du recul, je ne peux pas dire que j’ai réellement aimé cette série.
Nous avons le manga chez nous, j’ai prévu un jour prochain de le lire, et à première vue, ça va encore plus loin que dans la série télévisée.

Kurosagi. Je l’ai regardé notamment car la pression exercée était trop forte, c’était une condition essentielle pour survivre chez moi, sans doute, ou pas. Mais aussi simplement que les dramas commençaient à exercer auprès de moi une certaine attirance (qui ne s’est affirmée que cette dernière année). Après une rapide enquête, cela remonte aux environs de novembre 2008 ; je ne me souvenais pas que c’était si « vieux », comme quoi. Quelles sont les souvenirs que cette série m’a laissés ? Honnêtement, si je devais résumer la série, cela serait très difficile. Ce sont essentiellement des impressions, des passages de l’histoire, des souvenirs que j’ai, de ce fait, n’attendez pas des remarques ou réflexion de fond, j’en suis incapable ou alors il faudrait que je me regarde de nouveau la série, ce qui ne me déplairait sans doute pas. Ce serait peut-être même intéressant pour moi de voir comment mon regard a évolué.
C’était également l’occasion de découvrir deux acteurs très connus : Yamashita Tomohisa (le célèbre Yamapi), alias Kurosaki, l’escroc, et Horikita Maki, dans le rôle de Tsurara. Le premier, dans Kurosagi, en fait, je retiens essentiellement l’opening  de la série ("Daite Señorita") qu’il chante. Son personnage n’était pas totalement convaincant, pour les escroqueries, ça allait, mais du coté des séquences émotion, moins. Horikita Maki, je reconnais avoir une certaine faiblesse pour cette actrice. Je l’ai préférée à Yamapi, elle était plus convaincante. Reste qu’il était assez agréable de voir évoluer la relation entre ces deux personnages opposés sur tellement de points, à la conception de la justice totalement différente. Quant aux autres acteurs, je m’en rappelle assez peu, je me souviens essentiellement du mafieux dans son bar qui vendait des informations à Kurosaki, il jouait bien. L’inspecteur, également, qui offrait par ses actions de bons moments de par son interaction avec le héros.
A relire des commentaires que j’avais écrits, je ne peux pas dire que j’avais déprécié cette série, au contraire. Malgré un début assez long à se mettre en place, la série s’améliore progressivement, et même, les deux derniers épisodes ont offert un très bon final. Si je sais que ce n’est pas le meilleur drama que j’ai vu, ça reste le premier que j’ai réellement regardé, et du coup, j’ai une certaine affection pour cette série.


Nobuta wo Produce. Mon visionnage de cette troisième série s’est étalé entre décembre 2008 et janvier 2009. Diffusée en 2005, elle est historiquement plus ancienne que Kurosagi (2006).
Avec cette série, je retrouvais de nouveau le duo Yamashita Tomohisa (dans le rôle de Kusano Akira) et de Horikita Maki (pour Kotani Nobuko). C’était également la première fois que je voyais à l’écran Kamenashi Kazuya (pour Kiritani Shuji) lequel, il n’y a pas si longtemps, cet été, m’a surtout marqué pour son rôle dans Tatta Hitotsu no Koi au coté de Ayase Haruka (un de mes dramas préférés). Il y a secondairement aussi Toda Erika (pour Uehara Mariko).
Les trois premiers acteurs ont tout simplement formé un très bon trio, les garçons surtout car ce coup-ci, ce n’est pas vraiment Horikita Maki qui m’aura laissé le meilleur souvenir.
La série en elle-même est assez mémorable du fait de leurs relations, à la base quand même assez irréalistes. Les méthodes pour promouvoir Nobuta m’ont laissé un bon souvenir, de bons moments de rire. Mais le plus agréable à suivre était bien évidemment suivre la construction de l’amitié entre ces trois personnages. Par exemple pour Shuji qui, accroché à sa popularité, va progressivement se rendre compte de l’intérêt d’avoir de véritable amis. La série se termine classiquement sur une séquence beaucoup plus sentimentaliste mais bien réussie. Elle avait été à l'époque un véritable coup de cœur, elle le reste encore aujourd'hui !




Hana Yori Dango. Sans aucun doute celle que je préfère dans cette liste. Je l'ai vu en février 2009. Le cadre de l’histoire est déjà pour commencer assez atypique : Makino Tsukushi (jouée par Inoue Mao), d’une famille pauvre, se retrouve dans un lycée de riches, soit, mais dans un lycée dans lequel règne un groupe de quatre garçons, fils héritiers des quatre plus riches et puissantes familles du Japon, en plus ils sont évidemment beaux gosses. Les « F4 ». Ce groupe est (plus ou moins) dirigé par Tsukasa Dômyoji (joué par Matsumoto Jun). Ce dernier est un gars sûr de lui, au japonais incertain, caractériel et il n’aime pas être contredit : c’est le chef, un point c’est tout. Sauf que Makino n’est elle-même pas sans caractère, un coup de poing va changer pas mal de choses.
La série se divise en deux séquences : – la confrontation Makino-Tsukasa, – la naissance de leur relation. En effet, et évidemment, des sentiments amoureux vont naître. Mais avec un Tsukasa qui va « essayer » de se la jouer prince charmant, forcément, ça va prendre un tout autre intérêt et offrir de bons moments pour rire. Il a un tact impressionnant pour dévoiler ses sentiments ! Reste qu’il a un bon fond, malgré qu'il n’est pas une flèche, vraiment pas, je reste un fervent défenseur de sa cause (perdue).

L’autre personnage réellement intéressant à suivre c’était Hanazawa Rui (joué par Oguri Shun que j’ai revu récemment dans Hana Kimi), même s’il faut reconnaître que son absence aurait permis d’éviter de nombreux problèmes. Quelques autres personnages sympathiques, ceux du F4 évidemment, mais aussi la gérante du magasin où travaille Makino est excellente quand elle part dans ses délires. Coté délire, on pourra donner une mention spéciale à la famille de Makino, la palme allant à son père.
Pour conclure, c’est vraiment un drama que j’ai beaucoup apprécié. Je l’apprécie encore plus depuis que j’ai vu la seconde saison (bien plus tard par contre).

 Et juste parce que cette musique est vraiment belle ("Planetarium" de Ootsuka Ai) :

Voilà pour cette courte séquence nostalgie. C'était je reconnais assez utile pour moi de faire le point sur ces séries que j'ai vues maintenant il y a quelques temps déjà (pas beau de vieillir). Du coup, pour tous les acteurs dont j'ai cité le nom, j'ai depuis vu de nouvelles séries avec eux, sauf - je viens de me rendre compte - pour Inoue Mao (va falloir que je corrige cela).
Ces dramas resteront (sauf Life, un cas un peu à part) resteront des séries pour lesquelles je garderai une réelle affection du fait que ce sont les "premières". Puis tout simplement, si ce sont des classiques, ce n'est pas anodin, il y a une raison : ce sont de bons, voir de très bons dramas ! Commencer avec eux, c'est à mes yeux, une assurance pour ne pas être déçu.

samedi 10 décembre 2011

Colorful

J'ai pu profiter du fait que Colorful (de Keiichi Hara, le réalisateur d'Un été avec Coo) était diffusé au cinéma sur la région Lilloise (plus exactement au cinéma Le Kino à Villeneuve-d'Ascq, à coté de Lille quoi) pour aller le voir. Sur ce film, il y a eu récemment un bon article sur Asiafilm.fr, sur les problèmes rencontrés pour sa diffusion (plus une critique de mai dernier), quant à d'autres avis, on peut lire celui de Katzina (bizarrement, je croyais qu'il y avait plus d'articles sur ce sujet, à croire que non en fait...).

L’histoire :

" Un esprit gagne une deuxième chance de vivre à condition d’apprendre de ses erreurs. Il renaît dans le corps de Makoto, un élève de 3ème qui vient de mettre fin à ses jours. L’esprit doit endurer la vie quotidienne de cet adolescent mal dans sa peau.
Avançant à tâtons, s’efforçant de ne pas reproduire les fautes de Makoto, il va finalement découvrir une vérité qui va bouleverser son existence. "

A la lecture du titre, je m'attendais quelque chose de légèrement différent, quelque chose de plus coloré, un peu à l'image de la très belle affiche du film. Au final, le rendu technique de Colorful est assez classique, certes, c'est plutôt beau mais on ne va pas nous en mettre plein la vue coté couleurs, effets de lumières, animations, etc (le charac-design est également très simplifié). Colorful, plus qu'une palette de couleurs, c'est une palette de caractères et de sentiments qu'ils ont voulu mettre en avant. Est-ce réussi ? Je dirais plus ou moins. L'ensemble est plutôt bon, mais j'aurais peut être aimé un peu plus d'intensité, de force, pour certains passages. Sur cette question, j'ai tout de même beaucoup apprécié la dernière discussion entre Makoto et Hiroka avec une réflexion assez intéressante.

Colorful se présente donc comme un film classique traitant des sujets souvent vus, l'adolescence et ses problèmes, également la famille et ses problèmes (les deux se mélangeant). On retrouvera lié à ces thèmes d'autres assez habituels pour ce genre de scénario comme la question du suicide, les maltraitances à l'école, etc. De ce coté, le film est plutôt réussi, l'histoire est bien présentée, elle avance bien. On pourra tout de même lui reprocher une absence coté surprise : l'ensemble est assez prévisible et peut être convenu. La conclusion, sur la réponse du "qui est-il ?", on pouvait la deviner facilement.
En plus, le film prend quand même un certain temps pour décoller. Il faut attendre le dernier tiers du film pour que l'on commence véritablement à voir une évolution marquante, plus exactement à partir du moment où Makoto et Saotome deviennent amis. Après, je ne me suis pas du tout ennuyé, au contraire, j'ai juste apprécié voir le film accélérer sur sa dernière partie.

Les drames de ce genre joue souvent sur la fibre émotive : Colorful, pas tant que çà en fait. C'est peut être un points positif pour ce film. La seule scène "larmoyante" du film, lors du repas pour le choix du lycée était bien amenée. La conclusion elle-même est, dirons nous, assez soft, la manière dont elle a été traitée était en soi assez surprenante, mais de façon positive. J'aurais tout de même aimé des musiques un peu plus marquantes ; la bande-son était sympathique mais assez absente tout de même.

Pour conclure, Colorful est pour moi un bon film d'animation. S'il n'aura pas réussi à offrir quelque chose de réellement nouveau ou innovent, il a su présenter une histoire touchante et plutôt réaliste. L'essentiel y est donc. De ce fait, si vous ne l'avez pas encore vu et s'il passe encore dans un cinéma près de chez vous, n'hésitez pas !

 [P.S.-Blog : Je profite aussi de ce billet pour modifier légèrement le blog. Pas grand chose, j'ai juste élargi sa taille et aussi augmenter la taille de la police, le tout pour tenter de donner plus de confort dans la lecture.]

mercredi 7 décembre 2011

"Ikigami, préavis de mort", un film meilleur que le manga ?

C'est une réelle question. Je me suis regardé Ikigami, préavis de mort ce weekend dernier. Ce fut une vraie bonne surprise. Ce film live est l'adaptation du manga du même nom de Matoro Mase (licencié tous les deux par Kazé en France). Le film est sorti en 2008 et il semblerait qu'il recouvre divers éléments des trois premiers tomes. Sur Paoru.fr, une interview (présent au Salon du livre 2011 à Paris) de l'auteur a récemment été posté.

Je n'ai pas lu le manga. J'ai regardé ce film à la base parce qu'on me l'avait offert, je connaissais le manga par sa bonne réputation, mais je n'avais pas été attiré plus que çà vers lui. Je suis donc parti sans aucun à priori. Je découvrais. Et quelle surprise quand j'ai commencé à me regarder ce film.

Que feriez vous
de vos dernières 24h ?

On est plongé dans un Japon plus ou moins futuriste et réaliste qui a retrouvé un dynamisme économique étonnant, un Japon qui est devenu la nouvelle grande puissance du monde... Mais à un prix : le sacrifice d'une partie de ses concitoyens. Tous les Japonais se font vaccinés lors de leur enfance, parmi eux, 1 sur 1000 mourra entre 18 et 24 ans.
Cette série d'anticipation présente ce pays fictif (mais qui parait si réel) sous un jour plus qu'étrange, elle nous plonge dans une ambiance étouffante, déroutante. Il est impossible de ne pas se poser quelques questions, impossible de ne pas se révolter devant cette absurdité. Le scénario avance en effet un postulat : on apprendrait à reconnaître la valeur de la vie seulement en ayant peur de mourir. Personne ne sait qui va mourir, tout le monde peut mourir, et si on survit après ses 24 ans, on voudra vivre au maximum et ainsi son pays en bénéficiera.

Fujimoto au boulot. Plus que 24h à vivre pour toi...
Parallèlement, le gouvernement japonais a créé une institution de messagers de la mort. Des fonctionnaires sont chargés de remettre un "ikigami" 24h avant la mort des victimes de cette politique. Un "ikigami", un "préavis de mort", en gros, l’État te remercie de mourir pour le bien de la société et pour ça t'as droit, pour ta dernière journée, à de fructueux avantages avant de mourir pour ta patrie (transport gratuit, restaurant illimité... Pension pour ta famille, sauf si tu commets un crime évidemment...). Ce fonctionnaire dans ce cas, c'est Fujimoto Kengo (joué par l'acteur Matsuda Shouta). Cependant, à la différence de nombre de ses collègues, il se pose des questions. Est-ce bien ? Est-ce moral ? Pourquoi ? Que dois-je faire ? Fujimoto se pose de plus en plus de question, ce qui devient dangereux (les "crimes de pensée" sont plus que sévèrement puni...), il va aller jusqu'à outrepasser ses droits. Matsuda Shouta a, à mon avis, plutôt réussi réussi son travail ; même si au final ce héros est assez absent (pour la raison que je vais expliquer après), on sent une réelle évolution et un personnage réellement affecté et troublé par ce qui se passe autour de lui, par ce qu'on lui demande de faire.


L'intérêt principal d'un tel scénario est de se poser soi-même des questions sur le sens qu'on donne à la vie. Je pense qu'il est impossible de ne pas réagir à une telle histoire, ahurissant. En çà, le film a rempli pleinement cet objectif à ces yeux. Je lui rajouterai une qualité : l'émotion qu'il a su transmettre.

Le film se divise en trois grands chapitres (j'en déduis un par tome du manga ?) : Fukimoto doit remettre des "ikigami" à trois jeunes gens. Ainsi, nous allons suivre comment réagisse trois personnes totalement différents. La problématique de l'histoire de trois façons différentes ; l'histoire repose essentiellement sur çà.


Le premier est un jeune musicien qui est enfin sur le point de réussir dans le monde de la musique. Le second est le fils d'une politicienne qui défend bec-et-ongle cette politique de l'intérêt national supérieur. Le troisième est le frère d'une aveugle, ils ont perdus leurs parents jeune et celui-ci cherche à assurer le futur de sa sœur. Ils vont tous réagir de manières différentes, leur entourage va aussi réagir face à cette sentence.
Personnellement, même si ces trois parties étaient globalement très bonnes, j'ai été énormement touché par la dernière avec en plus un acteur que j'aime beaucoup : Yamada Takayuki (qui avait joué aussi dans Byakyakou ou Taiyou no Uta pour des dramas que je connais... Depuis Byakuyakou, c'est même mon acteur japonais préféré !) qui a été réellement très bon !
J'ai trouvé toutes ces histoires assez bouleversantes : la séquence du concert à la télé du musicien, le moment de l'opération avec le trucage de toutes les heures. Je reconnais que j'ai eu beaucoup de mal à rester insensible aux émotions que transmettaient ces tragédies...
La force de ce film, la force de Ikigami, a été de savoir poser de vraies questions intéressantes à travers un scénario déroutant et étouffant tout en illustrant cela avec des exemples de vie assez bouleversante.

Est-ce que le manga fait aussi bien ? Est-ce que ce film surpasse l'original ? Je ne sais pas, du coup, je suis assez curieux et ça me pousserait à vouloir essayer cette version papier. Une seule chose me retiendrait, si le manga a une bonne réputation, un certain nombre d'avis, notamment d'amis qui le lisent, disent qu'il a du mal finalement à se renouveler. Huit tomes sont disponibles en France et l'histoire n'aurait pas encore décollé. Cela me parait étrange car justement le film se conclue d'une manière qu'il induit forcément un changement radical pour la suite.

lundi 5 décembre 2011

« Akai Ito », croyez-vous au destin ?

Je vais inaugurer, avec ce billet, une nouvelle catégorie sur ce blog qui sera consacrée aux dramas, essentiellement japonais. Enfin, je dirais même "exclusivement japonais" vu que je n'ai regardé jusqu'ici que du J-drama (avec, il faut dire, encore aucune réelle attirance pour d'autres contrées). Cette petite modification - pas forcément prévue quand j'ai commencé ce blog il y a quelques mois- s'explique aussi par le fait que depuis le début de l'année, je regarde de plus en plus régulièrement ces séries asiatiques (au détriment des animés en fait), je reconnais y prendre de plus en plus goût (surtout depuis que j'ai vu l’excellent Byakuyakou qui m'avait tout simplement bluffé !). De ce fait, sans doute que je commence à ressentir l'envie de partager un peu ce nouveau "loisir" et donc d'en parler ici.

Akai Ito - 赤い糸Pour commencer - il faut un début - ça sera avec Akai Ito (赤い糸) que j'ai fini aujourd'hui. Puis, c'est aussi histoire de commencer par un genre que j'affectionne peut être plus que d'autres, les mélanges drames-romances.

La série date de fin 2008, début 2009 ; en onze épisode (il existe aussi un film - que je n'ai pas encore vu), on va suivre l'histoire de deux adolescents, Mei Takemiya (interprétée par Minamisawa Nao) et Atsushi Nishino (Mizobata Junpei), tous deux nés un 29 février, et les épreuves auxquelles ils font avoir à faire face (problèmes familiaux, amours difficiles, drogues, etc.). Le titre se traduit par "fil rouge". L'ensemble du drama tourne en effet autour d'un thème principal : le destin, et ici plus exactement l'être aimé qui nous serait destiné. Il s'agit de l'adaptation d'un roman sorti en 2007 pour téléphone portable (je ne savais pas que ça existait !).

C'est un drama qui m'a beaucoup touché, surtout pour ses deux personnages principaux, les étapes qu'ils doivent franchir et leur relation.

Akai Ito - 赤い糸
Atsushi
Atsushi a sans doute était le plus touchant à suivre. Il a décidé de vivre en sacrifiant son bonheur avec l'espoir que, un jour, sa mère arrêterait avec la drogue (il y a deux fils rouges dans Akai Ito : le destin... et cette drogue...). Il prend sans arrêt sur lui, c'est assez frustrant parfois, souvent même. J'aurais vraiment aimé qu'il se prenne en main plus souvent, qu'il vive pour lui ; au moment où il esquisse cette envie, la réalité le rattrape...
À ne pas savoir parler quand il faut, à ne pas savoir se confier, alors qu'il avait quelqu'un qui l'aurait écouté et aidé, il a sacrifié bien des choses. J'ai cru pendant un temps qu'il ne parviendrait pas à atteindre ce qu'il souhaitait au fond de lui. Malgré ces sacrifices, et à cause de ces sacrifices, je me suis pris d'affection pour ce "A-kun" avec à chaque épisode l'espoir que les choses s'arrangent.
Akai Ito - 赤い糸
Mei
Et à coté c'est Mei qui, à partir d'un moment, enchaîne les mauvaises passes, pendant longtemps et assez brutalement. Elle parvient à prendre toujours sur elle, se sentant coupable, s'accusant même parfois. Quoi qu'il arrive, elle reste cependant présente pour ses amis. Atsushi, Mei, qui se ressemblent s'assemblent ? À croire !
Il faut reconnaître que le destin aura été cruel pour tous les deux... Un fichu cercle vicieux qui m'a accroché (ce qui est peut être assez paradoxal en fait). J'avais vraiment envie qu'ils se retrouvent. Ils ont montré chacun beaucoup de force pour faire face, à se demander où ils allaient la chercher...
L'amour qu'ils partageaient est vraiment beau.

Akai Ito - 赤い糸 Akai Ito - 赤い糸
Akai Ito - 赤い糸 Akai Ito - 赤い糸

Sur la question du "fil rouge", de la personne qui t'est lié par le destin (sans le savoir soi-même), à chacun de croire, penser, ce dont qu'il a envie, mais je reconnais que, personnellement, je suis peut-être assez sensible à cette idée. Probablement que j'y crois aussi un peu (beaucoup peut être ?), et ça a sans doute joué dans le fait que j'ai apprécié cette série.
Mais reste que j'ai trouvé que c'était joliment mis en scène. Toutefois, il y a eu des séquences où le sort s'acharne un peu beaucoup (trop ?). L'histoire avec Sara, j'ai été assez surpris par la façon avec laquelle cela arrive. Encore plus avec Taka-chan... Sérieux ?! Pourquoi ?! Bon, j'ai ressenti à un moment énormément de colère envers ce personnage. Il était quelqu'un d'assez cool, la tournure soudaine m'a beaucoup surpris, c'était un peu brutal et ça avait un peu de mal à s'expliquer dans le scénario. C'était peut être un peu trop rapide et étrange à des moments mais la série a su à chaque fois rebondir correctement et ainsi rester absorbante, voir passionnante à l'occasion.

Il y a quelques thématiques assez intéressantes à suivre : la question de la drogue, les raisons pour lesquelles on y arrive, les difficultés d'en sortir (qu'on suit essentiellement à travers la mère de Atsushi), la question de la famille et des secrets cachés (et dévoilés progressivement dans la série) qui doivent tout de même être révélés un jour, mais aussi la question du devenir d'enfants face à des parents qui ne parviennent pas à remplir leur rôle.

Sur les acteurs en eux-mêmes, à part Kimura Ryo (qui joue Taka) que je venais de voir récemment dans Hana Kimi, je reconnais que je ne connaissais pas (ou presque pas) les autres. Au final, j'ai été plus que satisfait du travail de Minamisawa Nao (pour Mei) et Mizobata Junpei (pour Atsushi), même si j'aurais aimé un peu plus d'intensité dans leur jeu d'acteur par moment. Mais, je ne pense pas que ça soit vraiment dans la mentalité des Japonais pour certains éléments ?
Il n'y a pas eu de mauvais rôle ce qui fait qu'au final, j'ai apprécié tous les personnages ; j'ai tout autant apprécié le fait que chacun, et pas seulement les deux protagonistes principaux, ont droit à leur petite conclusion.

C'est loin d'être le meilleur drama ou la meilleure romance que j'ai regardé, mais je reconnais avoir été vraiment touché par cette histoire et avoir pris un très grand plaisir à la suivre.

samedi 3 décembre 2011

Yozakura Quartet, "Tsun tsun dere tsun dere tsun tsun~"

Yozakura Quartet, ce manga, de Suzuhito Yasuda, a été licencié en France (par Pika), le premier tome est disponible dans nos lirairies depuis novembre dernier. Je ne peux que vous le conseiller !

Il y a actuellement 11 tomes qui sont parus au Japon, la série n'est pas terminée. Fin 2008, elle avait connu une adaptation animé, c'est ainsi que j'avais découvert Yozakura Quartet (comme, je pense, la plupart de ce qui la connaisse). Les ventes japonaises sont plutôt bonnes à chaque sortie et la série a même bénéficié de trois épisodes supplémentaires (que je n'ai pas encore vus) pour accompagner les dernières sorties mangas.
J'ai tout de suite accroché, je ne pouvais pas m'arrêter là, il fallait que j'essaye le manga. Bingo, il était édité aux États-Unis !

Cependant, pas de chance : les séries que j'achète coté E-U, elles sont maudites (notamment avec la faillite de Tokyopop US)... Depuis le tome 5, sorti en septembre 2009, les Américains n'ont plus rien sorti. Abandon de la part de Viz Media ? L'animé est quand même sorti chez eux en 2010. Depuis cette date, je suis orphelin de ma série.
Coup de chance : Pika a enfin licencié cette année le manga en France ! J'ai envie de dire "Youpi !", je ne peux que m'en réjouir. C'est aussi un peu la raison de ce billet, il faut bien faire un peu la promo de ses séries préférées. 

Synopsis (de Pika) :
" Afin de venir en aide aux yôkai souvent persécutés par les humains, certaines personnes ont décidé de planter des cerisiers, seul lien connectant le monde des humains à celui des yôkai. Ainsi fut créée une ville où humains et yôkai cohabitent librement.
Akina, héritier du pouvoir des Hizumi, appartient à une famille chargée d’assurer la protection des habitants et de renvoyer dans leur monde les yôkai ayant de mauvaises intentions. Mais très vite, d’étranges cas d’attaques de yôkai secouent la ville… L’équilibre est-il menacé ?  "

Pourquoi j'aime cette série ?
Je pense que pour beaucoup, cette série se présentera comme un shônen assez classique avec un groupe d'adolescent (et de jeunes adultes tout de même) luttant pour protéger leur ville, cela avec des pouvoirs, des yokai, etc. Il faut cependant dépasser ça, car il y a pas mal d'éléments qui permettent à ce titre de se distinguer de tout ce qu'il y a sur le marché. C'est çà sa force.
Connaître déjà l'animé est peut être un élément qui peut aider à apprécier son support manga ; peut être, du moins c'est aussi ainsi que j'ai découvert et appris à aimer cette série.

Je suis fan de la musique de l'opening !

La version manga, l'originale quoi, possède d'ailleurs, en comparaison, de très nombreux avantages : l'histoire est bien plus complète, les personnages sont bien plus travaillés (Akina, Kyousuke aussi que je trouve bien plus présent dans la version papier) ; puis l'animé ne couvre que les quatre premiers tomes du manga. Après, on n'a donc que de l'inédit (et du bon !) !
Il faut noter aussi de nettes différences dans le scénario, que je ne dévoilerai pas, juste dire que la plus notable est avec Enjin (son histoire, sa relation avec Ao, Akina ou encore Hime). On peut voir ce dernier à quelques reprises dans ce premier tome, son apparition devant Ao est plutôt classe !

Ce que j'aime le plus dans ce manga : ce sont bien ses personnages, tous plus attachants les uns que les autres. Ils sont bien travaillés (coté dessin aussi), ils ont tous leurs aptitudes propres (celle de Kotoha est plutôt excellente), leurs traits de caractère ; ils ont chacun une assez forte présence qui donne toute son ampleur à la série. Même Akina, qui semble pourtant "normal", au début, sait bien se démarquer dans le groupe. J'ai toujours eu une certaine affection pour un personnage secondaire : Touka Kishi (qu'on ne voit pas dans le premier tome), la sœur de Kyousuke (qui a pour lui un joli sister-complex) ; mais je les aime tous comme la jeune Ao qui est vraiment adorable. Hime, c'est Hime. Ils participent tous à la formation d'une ambiance vraiment agréable pour la lecture.

On peut lire les premières pages sur le site de Pika. Le deuxième sortira (seulement) en février 2012. Sur cette édition de Pika, elle est correcte, à l'image de ce que fait Pika habituellement ; j'ai quand même été un peu déçu en refermant mon tome une fois lu J'ai eu un soucis dans une des premières bulles de texte, elle est vide dans mon tome. Faudrait que je vérifie si c'est juste un soucis de mon tome... D'autres bulles de texte sont assez mal retravaillées, on voit même les traces de "gomme".  Je trouve que l'incrustation de quelques éléments (comme le nom de la mairie, ou les symboles normalement inscrits sur les arbres sacrés) est assez moyenne ; certaines tournures sont étranges à la lecture. Mais, ça n'enlève pas le plaisir de la lecture. Peut être ces éléments sont pas mal ressortis à mes yeux vu que je connaissais déjà l'édition américaine avant ?
Mais Yozakura Quartet reste un très bon manga, ce n'est pas ces quelques petits soucis qui changeront cette réalité !

Connaissant la suite jusqu'au tome 5, je peux vous dire que c'est un vraiment excellent manga. Je le classe habituellement parmi mes cinq mangas préférés, pour dire (j'en reparlerai probablement sur ce blog). Chacun aura son avis, évidemment, le mien est personnel, mais, je vous encourage à essayer cette série si vous ne l'avez pas encore fait. En espérant que vous soyez enthousiasmés que moi par cette lecture !